Les femmes victimes de violences mal prises en charge, selon un mouvement féministe

, modifié à
  • A
  • A
Les violences faites aux femmes sont mal prises en charge par les forces de l'ordre, selon une enquête du Groupe F (image d'illustration).
Les violences faites aux femmes sont mal prises en charge par les forces de l'ordre, selon une enquête du Groupe F (image d'illustration). © PATRICK KOVARIK / AFP
Partagez sur :
Selon les plus de 500 témoignages de femmes qui se sont rendues auprès des forces de l'ordre après avoir subi des violences recueillis par le mouvement féministe Groupe F et la page "Paye ta police", les femmes sont mal prises en charge.

Refus de prendre une plainte, banalisation des faits ou culpabilisation de la victime : les femmes qui se rendent dans les commissariats et gendarmeries pour des violences restent mal prises en charge, selon des témoignages recueillis en mars par un mouvement féministe, publiés mardi.

Plus de 500 témoignages en dix jours. Lancée le 12 mars par le Groupe F et la page "Paye ta police" du réseau social Tumblr, l'enquête a suscité plus de 500 témoignages en dix jours, selon ses initiateurs, qui voient dans la police et la gendarmerie "le maillon indispensable pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles".

Refus de prendre une plainte et culpabilisation de la victime. Dans neuf cas sur dix, les témoignages de faits plus ou moins récents (70% datent de moins de cinq ans) font état d'une mauvaise prise en charge, "le fait le plus fréquent étant le refus de prendre une plainte ou le découragement de la victime à porter plainte". Viennent ensuite "la remise en question de l'importance des faits" et "la culpabilisation des victimes", selon l'enquête. 

Des faits minimisés. Parmi les témoignages reçus, celui d'une femme voulant porter plainte pour violences conjugales en 2016 et à qui il a été répondu : "ce n'est pas grand chose, pensez à vos enfants". Ou encore celui d'une jeune femme venue déposer plainte pour viol, en 2016. "Le policier lui a répondu que ce n'était pas un viol car elle avait invité l'agresseur chez elle", raconte son amie qui l'accompagnait.

Des dysfonctionnements qui envoient "un message d'impunité aux agresseurs". "Ces comportements, nombreux, ont pour conséquence de décourager les victimes, parfois d'ajouter à la maltraitance déjà subie. Ces dysfonctionnements découragent les victimes d'aller déposer plainte et envoient un message d'impunité aux agresseurs", estiment les auteurs de l'enquête, ajoutant "avoir reçu des témoignages montrant qu'une bonne prise en charge, bienveillante, sans jugement, est possible".

Depuis plusieurs années, des dispositifs ont été mis en place pour améliorer la prise en charge des femmes par les forces de l'ordre. Une sensibilisation renouvelée après l'affaire Weinstein qui a libéré la parole des femmes victimes d'abus. Selon les statistiques du ministère de l'Intérieur, les plaintes pour viols et agressions sexuelles ont augmenté respectivement 12% et 10% en 2017 par rapport à 2016.

Découvrez en vidéo les résultats de cette enquête :