Dans une interview parue dans le "Journal du dimanche", la mère de Louis, roué de coups à Narbonne et laissé pour mort le 19 juin avant de succomber à ses blessures quatre jours plus tard, a fait part de sa colère. L'adolescent avait alerté les autorités de violences qu’il avait déjà subies.
Près de dix jours après le meurtre de Louis, lynché à mort sur un chantier à Narbonne, dans l'Aude, par cinq personnes, la famille du jeune homme de 17 ans prend la parole. "Ce n'est pas le temps du deuil, c'est le temps de la guerre", a déclaré la mère de l'adolescent dans les colonnes du Journal du dimanche.
Pour cette mère endeuillée, le danger n'avait pas été pris au sérieux, et pour cause : ce n'était pas la première fois que des jeunes s'en prenaient à cet adolescent, qui avait alerté les autorités par deux fois.
Une plainte ignorée
La première alerte remonte à mai dernier. L'adolescent est roué de coups par un groupe de jeunes distinct des cinq meurtriers présumés. Il décide de déposer plainte, mais en vain : son signalement ne mène à aucune interpellation.
La seconde alerte a eu lieu le 12 juin, soit une semaine avant son lynchage mortel. Des jeunes l'avaient de nouveau pris à partie dans la rue. Des faits qu'il a dénoncés auprès de la gendarmerie, mais sans porter plainte cette fois-ci.
Les autorités étaient donc au courant du harcèlement qu'il subissait, mais ni la justice ni l'aide sociale à l'enfance — qui le prenait pourtant en charge — n'ont pris le problème au sérieux. Sans ces manquements, cet assassinat collectif aurait peut-être pu être évité. Désormais, les cinq mis en cause sont placés en détention provisoire. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.