Comment la fermeture des bars et restaurants a obligé les agriculteurs à se réinventer

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Champ de patates Agriculture agriculteur tracteur Godonville 1:35
Champ de pommes de terre à Godonville. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
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Avec la fermeture des bars, hôtels et restaurants, la rémunération des agriculteurs est fragilisée. La filière viticole et petites volailles est particulièrement touchées, ainsi que celles des maraîchers. Pour survivre, certains ont dû réorienter leurs productions pour la grande distribution, mais avec une plus faible rentabilité. 

A la rencontre des agriculteurs. Emmanuel Macron se rend en Bourgogne, à Etaules, à une quinzaine de kilomètres de Dijon, mardi, pour y visiter une exploitation familiale. En l'absence du salon de l'Agriculture, épidémie de Covid-19 oblige, le président de la République a voulu rappeler son "intérêt" pour le secteur. Son objectif : taper une nouvelle fois du poing sur la table, alors que s'achèvent des négociations commerciales tendues entre agriculteurs et grande distribution. La rémunération des producteurs est au coeur des préoccupations, fragilisée cette année par la fermeture des restaurants, bars ou hôtels.

C'est la filière viticole qui souffre le plus : les bars et restaurants représentent un tiers des débouchés, rien que pour le vin. Chaque mois de fermeture équivaut à un million d'hectolitres non vendus, selon les calculs de la coopération agricole. Viennent ensuite les petites volailles qui, contrairement à la filière bovine, ne peuvent se reporter sur le marché de la grande distribution.

Réinventer sa production

Côté légumes, les ventes de pommes de terre sont également impactées, car bon nombre de restaurants avaient recours à des frites industrielles surgelées. Les maraichers ont donc dû trouver de nouveaux débouchés.

"On a pu réorienter une partie de notre production. Malgré cela, la problématique est sur la production de carottes, par exemple. On a eu de la destruction sur environ un hectare", confie au micro d'Europe 1 Valentin Bonfils, producteur dans la région nantaise, donc les restaurants représentent 30% du chiffre d'affaires.

"Il a fallu, en plus, qu'on cherche à faire de nouvelles productions pour l'industrie et la grande surface. Donc on est partis sur des produits avec une rentabilité un peu plus faible que ce qu'on a l'habitude de travailler chez nous", ajoute-t-il. Une stratégie qui permet de limiter les dégâts. Mais, cette année, la coopération de Valentin Bonfils a néanmoins dû recruter 10% de saisonnier de moins que d'habitude.

Europe 1
Par Elise Denjean, édité par Mathilde Durand