Légalisation du cannabis : "On est en train de rater le coche", estime Gaspard Koenig

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Selon Gaspard Koenig, la légalisation du cannabis serait bénéfique pour l'économie française. © AFP
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Gaspard Koenig, président du think tank "Génération Libre", explique au "JDD" pourquoi il est nécessaire selon lui de légaliser le cannabis en France. 

Pour Gaspard Koenig, il en faut en finir "avec l'hypocrisie". Le président du think tank "Génération Libre" est l'auteur d'un rapport juridique, médical et économique dans lequel il détaille les bienfaits de la légalisation du cannabis pour la France. Il en explique les raisons au JDD, dimanche. 

Philosophe et essayiste libéral, Gaspard Koenig avoue avoir difficilement arrêté le café mais continue à fumer, épisodiquement, du cannabis. Pour justifier son point de vue, il avance des chiffres, dont celui-ci : 17 millions de Français ont déjà fumé du cannabis au cours de leur vie. "Cela veut dire qu'un bon quart de la population française est passible d'un an de prison", appuie-t-il. "Quand une loi est à ce point non appliquée, c'est une offense même à la notion de loi".

"À condition d'être majeur et informé". Selon lui, la légalisation du cannabis serait bénéfique pour l'économie française : elle encouragerait une "consommation plus responsable", contribuerait à "éliminer les trafics", faire "de véritables campagnes de prévention", "mieux soigner ceux qui peuvent l'être", de "proposer des produits de meilleure qualité". S'appuyant sur l'exemple américain du Colorado, Gaspard Koenig explique que la légalisation n'entraîne pas une "explosion de la consommation". Pas question toutefois d'envisager une légalisation qui concernerait les mineurs : "Chacun doit avoir la liberté de vivre sa vie, à condition d'être majeur et informé". 

Réorienter l'agriculture française ? Alors que des entreprises sont en train de se monter en Europe, la France est en train "de rater le coche", souligne aussi Gaspard Koenig. "La France pourrait réorienter une partie de son agriculture et même devenir leader, du fait du poids de son marché intérieur", propose le philosophe. Une légalisation permettrait en outre de placer l'argent du marché noir "dans le circuit classique". "Cela permettrait de transformer les petits dealers hors la loi en entrepreneurs agréés".