"Le voile est une prescription religieuse, les femmes ont la liberté de la suivre ou non", explique le vice-président du CFCM

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Anouar Kbibech, vice-président du Conseil français du culte musulman 3:32
Anouar Kbibech, vice-président du Conseil français du culte musulman © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Emmanuel Macron avait demandé au Conseil français du culte musulman (CFCM) de prendre des positions claires sur le sujet de l'islamisme et du communautarisme. Anouar Kbibech, vice-président du CFCM, était sur Europe 1 mercredi matin.
INTERVIEW

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a publié un communiqué mardi, en réponse directe aux attentes du président de la république. Emmanuel Macron avait en effet demandé au CFCM de prendre des positions claires sur le sujet de l'islamisme et du communautarisme. Le Sénat a par ailleurs voté mardi l'interdiction du port de signes religieux pour les accompagnateurs de sorties scolaires, en pleine polémique sur le port du voile pour les mères musulmanes. Le CFCM, dans son rapport, écrit que le voile est une "prescription religieuse" qui doit être laissée à l'appréciation des femmes.

Les précisions d'Anouar Kbibech, vice-président du CFCM, interviewé par Europe 1 mercredi matin : "Le CFCM, depuis 2003, a indiqué que le port du voile était une prescription religieuse. Ensuite, les femmes ont la liberté de suivre la prescription ou pas. C’est la liberté de chaque musulmane de s’y conformer ou pas. Le fait de s’affranchir du port du voile ne la fait pas sortir du cercle de l’islam. Elle est considérée comme une musulmane a part entière".

"Démonter le discours jihadiste et l'instrumentalisation de concepts comme le jihad"

Dans son rapport, le CFCM annonce aussi le lancement de deux chantiers : l'un sur la formation continue des imams et des aumôniers contre la radicalisation, l'autre sur la mise en place d'un conseil de l'ordre des imams, sur le modèle de l'ordre des médecins, pour décider d'exclusions d'imams en cas de dérapage.

"Les imams sont au contact des fidèles au jour le jour et notamment des plus jeunes, ils ont un rôle d’orientation, explique Anouar Kbibech, "c’est pour ça qu’il faut les armer avec les arguments qui vont bien pour démonter le discours jihadiste et l’instrumentalisation d’un certain nombre de concepts de la religion musulmane tel que le djihad. Tout cela pour pouvoir éclairer nos jeunes et les immuniser contre les dérives qui peuvent les mener à la violence, voire au terrorisme".

Dans son rapport, le CFCM dénonce enfin l'hystérie islamophobe "agressive voire criminelle", en écho à la récente attaque de la mosquée de Bayonne.

Europe 1
Par Europe1.fr