Le gouvernement annonce 14.000 places d'hébergement d'urgence en plus cet hiver : "C’est très insuffisant"

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© JOEL SAGET / AFP
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Pour le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, interrogé mercredi au micro d'Europe 1, l'augmentation du budget de l’hébergement d’urgence ne suffit pas à contrebalancer l'accroissement du nombre de sans-abri.
RÉACTION

Le gouvernement présente mercredi son plan hivernal pour les sans-abri, avec, comme le révélait Europe 1, l’ouverture de 14.000 places d'hébergement d'urgence. Ces places supplémentaires doivent venir s’ajouter aux 136.000 déjà disponibles à l'année sur l’ensemble du territoire. Mais pour ​Florent Gueguen​, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (FNARS), ces chiffres restent largement en deçà de la demande.

"C’est très insuffisant, parce qu’il n’y a jamais eu en France autant de personnes à la rue. On le voit via le 115 qui explose, notamment à Paris, avec un nombre d’appels multiplié par trois sur les quatre dernières années", explique ce responsable associatif au micro de Matthieu Belliard, sur Europe 1. Il cite également la multiplication des campements sauvages dans les grandes agglomérations. "Près de 20.000 personnes dorment aujourd’hui dans ces campements."

"Le budget de l’hébergement d’urgence augmente moins vite que la grande pauvreté"

"14.000 places, ce n’est que la reconduction du plan hivernal de l’année dernière dans une situation qui s’est fortement dégradée en un an", poursuit Florent Gueguen. "Le budget de l’hébergement d’urgence augmente. Il faut le noter. Mais il augmente moins vite que la grande pauvreté", relève-t-il.

Pour cet ancien conseiller à la mairie de Paris, le prix du logement en France, en milieu urbain, explique en premier lieu l'augmentation du nombre de sans-abri. "Le taux de pauvreté en France a augmenté en 2018, les personnes ont de plus en plus de mal à se loger, notamment dans les grandes villes, là où le logement est cher", pointe-t-il. Et de conclure : "Les expulsions locatives ont également augmenté en 2018. La crise du logement fait toujours des dégâts."

Europe 1
Par Romain David