Le député Sylvain Maillard veut pénaliser l'antisionisme : "Dire 'mort à Israël', ça veut dire 'mort aux juifs'"

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Sur Europe 1, Sylvain Maillard, député LREM de Paris et président du groupe d'études de l'Assemblée nationale sur l'antisémitisme, estime que "l'antisionisme est devenu un antisémitisme moderne".

INTERVIEW

Faut-il pénaliser l'antisionisme ? Pour une trentaine de députés membres du groupe d'études de l'Assemblée nationale sur l'antisémitisme, la réponse est oui. "Dire 'mort à Israël', ça veut dire 'mort aux juifs'", affirme sur Europe 1 le président de ce groupe d'études, Sylvain Maillard (LREM).

"En utilisant le vocable de sioniste, [certains] pensent pouvoir éviter la justice". Le député de Paris travaille sur la question depuis près d'un an. Samedi, il a en quelque sorte été rattrapé par l'actualité avec les insultes proférées à l'encontre du philosophe Alain Finkielkraut, lors de la manifestation parisienne des "gilets jaunes". "Quand quelqu'un lui dit 'sale sioniste de merde', au fond, il veut dire 'sale juif de merde', mais en utilisant le vocable de sioniste, il pense qu'il peut éviter la justice", devine l'élu au micro de Matthieu Belliard.

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

"Critiquer l'existence même d'Israël doit être interdit". Sa proposition suscite toutefois des critiques dans les rangs de l'opposition, et des réserves au sein du gouvernement, à l'image de la ministre de la Justice Nicole Belloubet ou de celui de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer. Mais Sylvain Maillard appelle à ne pas faire d'amalgame entre l'opposition à l'État d'Israël d'une part et à sa politique d'autre part. "Critiquer l'existence même d'Israël doit être interdit. En revanche, critiquer la politique de Benjamin Netanyahou ou de ses successeurs, le côté social, la construction du mur, la colonisation… Ça, évidemment, on doit pouvoir le critiquer librement", précise l'élu.

Journée chargée mardi. Le groupe d'études doit désormais se réunir mardi pour décider du véhicule législatif adéquat, potentiellement une proposition de loi ou une proposition de résolution, c'est-à-dire sans valeur contraignante. Le même jour, Sylvain Maillard défilera contre l'antisémitisme dans les rues de la capitale, aux côtés des autres formations politiques, à l'exception du Rassemblement national.