"Il doit payer pour tout ce qu'il a fait", insiste une victime présumée du chirurgien de Jonzac

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Le "chirurgien de Jonzac" avait été arrêté en mai 2017 à la suite d'une plainte pour viol déposée par les parents d'une fillette, une voisine de sa maison de Jonzac. (Photo d'illustration) 1:00
Le "chirurgien de Jonzac" avait été arrêté en mai 2017 à la suite d'une plainte pour viol déposée par les parents d'une fillette, une voisine de sa maison de Jonzac. (Photo d'illustration) © JACQUES DEMARTHON / AFP
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La justice vient d'identifier "250 victimes potentielles" du "chirurgien de Jonzac", déjà condamné pour détention d'images pédopornographiques. Au micro d'Europe 1, Marie, une victime présumée de l'homme de 68 ans, veut qu'il "rende des comptes à toutes les victimes". 
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Elle fait partie des "250 victimes potentielles" du chirurgien à la retraite Joël Le Scouarnec que la justice a identifiées. Comme 183 autres personnes, Marie a souhaité porter plainte contre l'homme de 68 ans qui doit déjà répondre devant la justice en mars prochain d'accusations de viols et d'agressions sexuelles sur quatre victimes, mineures à l'époque des faits.

"Je suis heureuse de voir que beaucoup de personnes ont porté plainte. Il faut qui paye pour tout ce qu'il a fait et qu'il rende des comptes à toutes les victimes qu'il a faites", estime Marie au micro d'Europe 1. "C'est un truc de fou d'imaginer qu'un homme viole des enfants, qu'il en ait autant à son actif… C'est hallucinant, et encore plus de se dire qu'on est dans le lot. Je ne comprends même pas qu'il ait réussi à violer autant de personnes, qu'il a pu continuer à courir pendant des mois, des années, des décennies…"

Entendu sur europe1 :
"Je ne suis pas sûre qu'une fois qu'il sera condamné, tout va revenir à zéro dans ma vie

Dans cette affaire sans précédent, traitée dans une procédure distincte de celle pour laquelle l'ancien praticien a rendez-vous avec le juge en mars 2020, le procureur de La Rochelle fait état de 209 auditions, dont 181 pour des personnes qui étaient mineures au moment des faits, et précise que "plusieurs d'entre elles font état de souvenirs précis". Le procès qui doit se tenir à l'issue de cette enquête est encore loin, mais Marie espère tout de même que l'homme "se rendra compte lui-même de l'impact qu'il a eu sur la vie des enfants qu'il a violés". 

"Je ne suis pas sûre qu'une fois qu'il sera condamné, tout va revenir à zéro dans ma vie", avance-t-elle avec prudence. "J'ai un long combat qui a été menée derrière, ça demandera beaucoup de temps pour se reconstruire, et peut-être avoir une vie normale un jour, je ne sais pas." 

Europe 1
Par François Coulon, édité par Ugo Pascolo