Le 115 bientôt contraint de transmettre la liste des réfugiés qu'il héberge ?

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"Tout l'enjeu, c'est de faire en sorte que des personnes ne restent pas pendant des mois ou des années dans de l'hébergement d'urgence", assure Didier Leschi, directeur de l'Office français de l'immigration. 

Le numéro d'urgence pour les personnes à la rue devrait bientôt se voir contraint de transmettre sa liste des réfugiés hébergés à l'office de l'immigration. Un projet de texte interministériel, qui pourrait se concrétiser dans les prochains jours, prévoit en effet une transmission d'informations par les services du 115 pour mieux accueillir les demandeurs d'asile et les réfugiés. Mais l'argument peine à convaincre les associations, qui s'inquiètent des conséquences d'une telle circulaire. 

Des associations sceptiques

Concrètement, les informations pourraient remonter directement tous les mois à l'office français de l'immigration et de l'intégration, l'OFIII, placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Demandeur d'asile ou réfugié, nom, prénom, adresse du centre d'hébergement du 115... "Tout l'enjeu, c'est de faire en sorte que des personnes ne restent pas pendant des mois ou des années dans de l'hébergement d'urgence alors qu'ils ont droit au dispositif d'accueil national", assure Didier Leschi, le directeur de l'OFII. 

Mais les associations pointent, elles, le fait que les centres d’accueil pour les demandeurs d'asile sont déjà complètement saturées. Elles plaident pour la création de places supplémentaires et craignent que la circulaire ne serve à identifier les déboutés du droit d'asile pour les exclure des centres du 115.

"Un  droit de regard du ministère de l'Intérieur"

"Cette circulaire, telle qu'elle nous est présentée aujourd'hui, empiète avec un droit de regard du ministère de l'Intérieur sur le 115", estime ainsi Eric Plieze, président du Samu social à Paris. "Tout le monde doit avoir le droit à un accueil inconditionnel et j'ai le sentiment que c'est ça qu'on est en train de rompre." 

Par peur d'être fiché, dit un autre responsable d'association, les personnes risquent de ne plus appeler le 115 et d'aller directement dormir dans la rue, dans un campement insalubre.