La région IDF veut un accès au fichier des radicalisés pour les opérateurs de transports en commun

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Le vœu a été adopté par les groupes LR, UDI, Modem et RN (ex-FN), mais combattu par toute la gauche. © AFP
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La région Ile-de-France a voté mardi un vœu du groupe LR demandant à l'État l'accès du fichier des personnes radicalisées pour le syndicat des transport d'Ile-de-France (Stif).

La région Ile-de-France a voté mardi un voeu du groupe LR demandant à l'État l'accès du fichier des personnes radicalisées pour le syndicat des transport d'Ile-de-France (Stif) et les opérateurs de transports, malgré la forte opposition de tous les groupes de gauche.

Ce vœu, porté par le président du groupe LR Othman Nasrou, concerne l'accès au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), "afin de ne pas se retrouver dans une situation où un individu considéré comme dangereux puisse être dans une situation de responsabilité dans nos transports en commun, qui puisse mettre en danger la vie de nos usagers".

"Un outil de renseignement qui est dévoilé ne sert plus à rien". Le vœu a été adopté par les groupes LR, UDI, Modem et RN (ex-FN), mais combattu par toute la gauche. "User du populisme et jouer sur les peurs n'est jamais bon", a déclaré Pierre Serne pour le groupe Alternative écologique et sociale, assurant que "cette demande est systématiquement contredite par tous les professionnels de la sécurité".

"C'est l'inverse de ce dont il y a besoin. Un outil de renseignement qui est dévoilé ne sert plus à rien". "Vous vous jouez des questions de liberté publique et de l'état de droit, et vous jouez avec l'opinion publique", a déploré Nadège Azzaz, pour le groupe Ensemble (ex PS), insistant sur la "nécessité de respecter le travail des services de sécurité". "Votre proposition est hors propos et a vocation à servir un dessein politique", a dénoncé Fabien Guillaud-Bataille pour le Front de Gauche, estimant que les informations contenues dans ce fichier "ne doivent pas être mises entre toutes les mains" et que les services de renseignement sont "réticents à ce qu'elles le soient". 

"Mieux vaut tard que jamais". Pour le groupe RDCEC (ex radicaux de gauche), Juliette Espargilière s'est dite "favorable à l'ouverture d'un droit à l'enquête administrative sur les agents en poste, dès lors que des comportements problématiques ont été signalés par leurs collègues", mais uniquement pour "le juge". "Mieux vaut tard que jamais", a au contraire salué Aurélien Legrand pour le Rassemblement national (RN, ex-FN), soulignant que "c'était précisément" l'une des propositions du candidat FN lors de la campagne des régionales en novembre 2015.

Jean-François Vigier pour le groupe UDI, a estimé que "ce vœu reste extrêmement respectueux de nos libertés fondamentales". Pour le Modem, "tous les leviers doivent être actionnés pour la protection de nos concitoyens", a déclaré Marie-Christine Dirringer, estimant cependant que ce fichier était "d'une sensibilité extrême" et qu'"il conviendrait de mettre en place une procédure d'une rigueur absolue".