La psychologie positive, "ce n'est ni cul-cul, ni une secte", assure Florence Servan-Schreiber

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Selon Florence Servan-Schreiber, auteure de "Trois petits kifs par jour" et "Power patate", la psychologie positive permet de trouver des clés tout à fait concrètes pour insuffler du bonheur dans sa vie.
INTERVIEW

Et si l'on profitait de l'été pour découvrir nos "super pouvoirs" ? Même s'ils sont peut-être très enfouis en nous, nous en avons tous. C'est en tout cas l'opinion défendue par Florence Servan-Schreiber, auteure, entre-autre, de l'ouvrage Power patate, qu'elle consacre à notre potentiel intérieur. Invitée vendredi du Club de l'été sur Europe 1, la journaliste et conférencière nous livre quelques-uns de ses conseils.

"La béatitude n'existe pas, notre cerveau en est incapable"

"Nous ne réussissons jamais mieux, nous ne nous sentons jamais mieux que lorsque nous nous servons exactement de qui nous sommes, comme nous sommes. On a toujours envie de se changer en regardant le voisin, en se disant 'avec ça ou ça', ce serait plus facile, tout marcherait mieux. Mais non, la seule façon de procéder, c'est de se servir de qui nous sommes. C'est ça, un super pouvoir", avance Florence Servan-Schreiber. 

L'auteure tire notamment ses conseils de la psychologie positive, une discipline née aux Etats-Unis et qui se propose d'étudier tout ce qui peut conduire au bonheur, en observant ce qui semble fonctionner chez certaines personnes et que l'on peut universaliser. Florence Servan-Schreiber l'assure : "Ce n'est ni cul-cul, ni une secte". "C'est un vrai truc. On étudie les comportements, les personnalités et les organisations qui marchent. C'est tout, il n'y a pas d'autres promesses. On n'a pas besoin d'un psy pour pratiquer la psychologie positive. C'est de l'information. On est complètement libre de décider si on a envie d'essayer. J'en fais ce que je veux".

De ses recherches, la journaliste conclut que le bonheur se décline notamment en deux catégories. "Dans des instants que nous vivons et qui ont une très grande intensité. Et dans le sens et la profondeur que nous éprouvons à faire ce que nous faisons". Mais elle ajoute aussitôt : "Le bonheur est aussi là où le malheur n'est pas. Si on était parfaitement heureux, on ne le saurait pas. Les difficultés font partie des choses qui nous rendent heureux".

 

Selon elle, en effet, "la béatitude n'existe pas. Notre cerveau en est incapable. Il ne chope que le pire, si on le laisse faire. Les gens disent parfois qu'il y a une injonction au bonheur. Mais rassurez-vous : votre cerveau va tout faire pour que ce ne soit pas le cas. Il faut donc y mettre un peu d'énergie".

"La gratitude est une émotion complètement géniale"

D'après la journalistel'être humain peut avoir une influence sur 40% de sa vie. Le reste est déterminé par la génétique, ou les conditions extérieures. Mais tout le monde peut se poser quelques questions simples qui permettent d'avancer : "Quel est le regard que je porte sur ce qui m'arrive ? Quelle est la décision que je prends ?" 

Selon les partisans de la psychologie positive, l'être humaine gagnerait en effet à chercher le positif en toutes circonstances, à se concentrer sur les belles choses plutôt que sur les aléas et les drames, souvent inévitables et ne dépendant pas de notre volonté. Dans son livre Trois petits kifs par jour, Florence Servan-Schreiber invite par exemple à essayer de se souvenir, au moment de se coucher, de trois moments agréables qui se sont passés dans la journée, peu importe si le reste a été éprouvant.

Le principal conseil que donne la conférencière tient d'ailleurs en un mot : gratitude. "C'est une émotion complètement géniale. Il s'agit de dire merci aux choses qui nous font plaisir. À ce moment là, dans notre organisme, il se passe quelques chose où l'on se sent bien, où l'on devient plus puissant. Ça fait des vacances à notre organisme, tellement occupé à ce qui ne va pas", détaille Florence Servan-Schreiber. Et de conclure : "Vivre ces moments de paix que nous reconnaissons, dire merci à la vie, ou à Dieu si on est croyant, cette gratitude religieuse, c'est ça, c'est la même émotion".