Invité d’Europe 1 Matin Week-end, Pierre Grousset dénonce les conditions de travail des surveillants pénitentiaires. Le délégué régional UFAP-UNSa Justice de la Direction interrégionale de Toulouse décrit également une situation explosive, entre drogue, armes et détenus à la santé mentale fragile.
Des détenus plus nombreux, et plus dangereux. À la veille d'un mouvement des surveillants pénitentiaires pour dénoncer la surpopulation carcérale, qui a atteint un nouveau record en France, Pierre Grousset tire la sonnette d’alarme sur Europe 1.
Non seulement les prisons sont bondées, mais en plus "on voit bien que la prison a remplacé les hôpitaux psy, parce qu’on a de plus en plus de problèmes psy qui entrent dans nos murs et on n’est pas formés pour ça", explique le délégué régional UFAP-UNSa Justice de la Direction interrégionale de Toulouse.
"On se retrouve un peu démunis"
D’autant que le personnel "a de moins en moins de leviers" : "On nous a supprimé le quartier disciplinaire. Donc en fait, ces détenus hantent nos coursives. Et nous, on se retrouve un peu démunis", confesse celui qui travaille à la maison d’arrêt de Perpignan, qui est à "251 %" de taux d’occupation.
Une situation déjà délicate à laquelle s’ajoutent au moins deux autres problèmes de taille : la drogue et les armes. "Depuis des années, on a laissé la sécurité de côté, malgré nos alertes répétées. Ce n’est pas depuis maintenant que l’on réclame des moyens supplémentaires. Il y a la drogue, mais surtout il y a aussi les armes qui rentrent."
"Et donc il y a des règlements de comptes. Parce que la drogue en prison, c’est un vrai business. C’est une économie parallèle."