La justice lève l'interdiction de quitter le territoire d'une jeune salafiste

La justice a donné raison à la jeune salafiste, jugeant insuffisant les éléments avancés pour justifier l'interdiction de sortie du territoire. Image d'illustration.
La justice a donné raison à la jeune salafiste, jugeant insuffisant les éléments avancés pour justifier l'interdiction de sortie du territoire. Image d'illustration. © DAMIEN MEYER / AFP
  • Copié
avec AFP , modifié à
La jeune salafiste reprochait au ministère de l'Intérieur une "erreur d'appréciation" sur son cas.

Le tribunal administratif de Paris a donné raison mardi à une jeune salafiste française qui contestait son interdiction de quitter le territoire, en reprochant au ministère de l'Intérieur une "erreur d'appréciation". Alors que la France vit sous une menace terroriste sans précédent, le ministère de l'Intérieur avait pris à deux reprises, en octobre 2015 puis en mai 2016, un arrêté lui interdisant pour six mois de quitter le territoire, mettant en avant son "inclination en faveur du djihad" et ses "velléités de départ vers la Syrie". 

Des éléments insuffisants à justifier une interdiction. Pour le tribunal, "l'administration n'apporte aucun élément de nature à justifier" que cette jeune fille de 18 ans, convertie à l'islam il y a deux ans, "projetterait de partir à destination d'un théâtre d'opérations de groupements terroristes." Dans sa décision, le tribunal indique que Chloé (prénom d'emprunt) "exerce une pratique religieuse rigoureuse" et "entretient des liens avec la mouvance salafiste". Mais, selon la juridiction, ces éléments "ne suffisent pas, par eux-mêmes, à justifier de son adhésion et de sa proximité avec le terrorisme islamiste". 

Elle dit "rejeter" Daech. À l'audience du 4 octobre, la jeune Rémoise avait dit "se sentir mal en France", et avoir projeté de gagner l'Arabie Saoudite. Chloé, voilée au plus près du visage, habillée de vêtements très amples et gantée, avait aussi assuré qu'elle "rejetait Daech".

Signalée par sa mère après une disparition. La mère de Chloé avait signalé sa fille auprès de la plateforme du Centre national d'assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPAR) le 29 septembre 2015, trois jours avant ses 18 ans. Le 9 octobre 2015, la jeune fille avait quitté le domicile familial avec passeport et valises. La police l'avait retrouvée le lendemain à Saint-Etienne, "en compagnie de personnes appartenant à la mouvance salafiste".