Prison : quand le manque de personnels entraîne la libération de détenus

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Photo d'illustration. © Dominique FAGET / AFP
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Dans plusieurs prisons d'Auvergne-Rhône-Alpes, des prisonniers, qui devaient être présentés au tribunal, ont été libérés faute de personnel disponible pour les escorter pendant leur transfert au palais de justice.

L'affaire passe mal auprès des magistrats de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une demi-douzaine de détenus de prisons de la région, à Vienne, Grenoble, Annecy ou encore Albertville, ont dû être libérés avant de pouvoir être présentés au tribunal. Car personne n'était disponible pour les escorter au palais de justice.

L'explication est simple : l'épidémie de coronavirus. Lors des deux mois de confinement, entre mars et mai dernier, de nombreuses audiences n'ont pas pu avoir lieu et ont été repoussées. Assez peu ont pu se tenir avant l'été, et c'est maintenant, lors de cette rentrée de septembre, que de nombreux procès ont été programmés.

Mais les personnels chargés d'extraire les détenus, qui dépendent de l'administration pénitentiaire, sont absolument débordés. On doit donc parfois faire appel à la police ou à la gendarmerie, mais ces derniers ne sont pas toujours disponibles. D'où cette situation très problématique dénoncée par la procureure d'Annecy, Véronique Denizot.

Les procureurs réclament plus d'effectifs

"J'ai l'amertume de constater que l’administration pénitentiaire n'est pas dotée en effectifs suffisants pour y faire face", regrette-elle au micro d'Europe 1. Et de rappeler la "dangerosité de cette situation, car celui qu'un juge des libertés et de la détention a incarcéré un week-end, qui est libéré sans jugement le lundi, peut dans un certain nombre de cas, être dangereux, réitérer une infraction pénale, éventuellement commettre une atteinte à personne, et nous nous trouvons de fait en défaut".

Les choses devraient sans doute rentrer un peu dans l'ordre en octobre et novembre. Mais les procureurs, et plus globalement tous les magistrats de la région, réclament plus d'effectifs pour ce service d'escorte des prisonniers, car ils ne veulent pas avoir à baisser la sévérité de la réponse pénale en fonction d'une simple question logistique ou administrative.

Europe 1
Par Jean-Luc Boujon, édité par Antoine Terrel