Journée de colère des agriculteurs : "Nous ne sommes pas des apprentis sorciers"

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"Macron, réponds-nous !". Quinze jours après une première journée de mobilisation, les agriculteurs étaient à nouveau dans la rue, mardi. Ils ont afflué par dizaines devant les préfectures, et certaines routes et ronds-points ont été bloqués.
REPORTAGE

À Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, les agriculteurs se sont déplacés à bord d’une quarantaine de tracteurs pour se faire entendre, mardi, quinze jours après une première journée de mobilisation. Ils ont déboulé place de la Rotonde avec des banderoles sur lesquelles étaient inscrits divers slogans :"Quand on ne sera plus là, vous mangerez quoi ?" ou encore "Nous sommes tous des nourrisseurs, pas des empoisonneurs".

"Un fossé se creuse entre la ville et la campagne"

Pour Nicolas, arboriculteur, c’est le débat sur les zones de non-traitement (ZNT) qui a mis le feu aux poudres : "(Nous ressentons) Beaucoup de colère, parfois de la honte et de l’incompréhension. Nous sommes attaqués en permanence alors que nous faisons notre travail dignement, proprement. Si on écoute les scénarios les plus pessimistes, il y a des ZNT à 50, 100 ou 150 mètres, il n’y a plus d’agriculture péri-urbaine. On voit qu’il y a un fossé qui se crée entre la ville et la campagne. Dès qu’on met des tracteurs en route, ça gêne. Il faudrait qu’on soit là juste pour décorer le paysage français ?".

Pour stopper l’agrobashing, certains tentent une opération séduction auprès des consommateurs. "Venez mesdames et messieurs, venez manger des pommes", a-t-on ainsi pu entendre sur la place de la Rotonde.

"Notre image est entachée"

Thierry, viticulteur à Puyloubier, entend lui défendre l'agriculture nationale face à une certaine diabolisation : "Notre image est entachée, nous ne sommes plus des paysans nourrisseurs, nous sommes des paysans empoisonneurs. On ne peut pas accepter ça. Quand on sort avec notre pulvérisateur, on voit parfois le regard des gens 'qu’est-ce qu’ils envoient encore comme produits ? Qu’est-ce qu’ils vont nous bazarder encore dans les vignes ?' Oui, ça me fait mal. Nous ne sommes pas des apprentis sorciers, nous n’utilisons que des produits homologués et ça ne suffit pas."

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Maxime Dewilder