Ce vendredi 1er mai a lieu la fête des Travailleurs et des Travailleuses. Et plus d'une centaine de milliers de manifestants est attendue dans plus de 250 cortèges à travers la France. Selon une information recueillie par Europe 1, les autorités craignent des débordements avec la présence de blacks blocs dans les défilés.
Le 1er-Mai, traditionnel rendez-vous social et syndical, aura cette année encore un parfum de muguet… mais aussi de tension. Selon les informations d’Europe 1, jusqu’à 170.000 manifestants sont attendus vendredi dans près de 250 mobilisations organisées à travers tout le pays. Une affluence comparable à celle de l’an dernier, où 157.000 personnes s’étaient réunies lors de 270 rassemblements.
Dans le viseur des forces de l’ordre : la présence annoncée de plusieurs centaines de black-blocs, notamment à Paris, Lyon et Nantes. Ces militants radicaux, vêtus de noir et souvent masqués, sont réputés pour leurs actions violentes en marge des cortèges. Sur les réseaux sociaux, des appels explicites à commettre des exactions circulent déjà. Des groupuscules d’ultragauche encouragent leurs sympathisants à rejoindre les manifestations en contournant les dispositifs policiers.
Des appels à la haine policière diffusés en ligne
Sur certaines vidéos diffusées en ligne, on peut entendre : "Pour éviter les contrôles policiers, c’est mieux de venir avant 13h. Assez de blabla, passons à l’action". D’autres visuels appellent clairement à "déborder le dispositif" des forces de l’ordre, montrant des manifestants masqués lançant des projectiles ou des cocktails incendiaires.
Pour Fabien Bogais, policier et responsable de l’ordre public au sein du syndicat Alliance, ces messages ne laissent guère de place au doute : "C’est un appel ni plus ni moins à la violence, à s’opposer physiquement et violemment aux forces de sécurité qui vont encadrer une manifestation légitime".
Des dispositifs policiers consequents
Face à ces menaces, les autorités ont prévu un important dispositif de sécurité. Plusieurs milliers de policiers seront mobilisés sur l’ensemble du territoire. À Paris comme dans les grandes métropoles, des unités spécialisées, dont les compagnies d’intervention et les brigades BRAV-M, seront déployées pour repérer, interpeller et neutraliser les éléments les plus perturbateurs. Les cibles potentielles de ces groupes radicaux sont connues : symboles du capitalisme, banques ou grandes enseignes pourraient être visés.
Pour autant, la majorité des cortèges devrait se dérouler dans le calme. Les revendications porteront principalement sur l’augmentation des salaires, la lutte contre la hausse du coût de la vie et l’abrogation de la réforme des retraites. Des militants pro-palestiniens sont également attendus dans certains rassemblements. Malgré les craintes de violences en tête de cortège dans les grandes agglomérations, les autorités anticipent globalement une journée « à caractère convivial et familial » dans la plupart des cortèges.
Au total, plusieurs milliers de policiers vont être déployés, partout en France, ce vendredi.