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Loi sur le 1er-Mai : face à l'opposition des syndicats, Sébastien Lecornu jette l'éponge pour l'année 2026

Le Premier ministre Sébastien Lecornu [Ian LANGSDON / POOL / AFP]

Alors que le gouvernement tentait de faire passer son texte prévoyant d'autoriser le travail le 1er-Mai dans certains secteurs, il s'est heurté à un rejet massif de l'Assemblée. Afin d'éviter la censure sur un texte "sensible", Sébastien Lecornu a décidé, ce lundi soir, de renvoyer l'examen du texte à l'année prochaine.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a "décidé de ne pas demander la convocation de la commission mixte paritaire" qui devait reprendre le texte sur le travail le 1er-Mai pour l'adopter après le rejet tactique dans l'hémicycle vendredi, a assuré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.

"Le gouvernement est conscient de la sensibilité particulière de ce sujet", a déclaré lundi soir Jean-Pierre Farandou à l'issue d'une réunion avec les organisations syndicales représentatives. 

"C'est la journée des travailleurs et des travailleuses, c'est le seul jour férié, chômé et payé. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles", a-t-il estimé, renvoyant la question du travail ce jour-là au 1er mai 2027.

Une réponse "avant le 1er mai 2027"

Le ministre s'exprimait à l'issue d'une rencontre qui a duré plus d'une heure avec les représentants des cinq syndicats représentatifs (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC), demandée par Matignon.

"Les professions qui le souhaitent pourront engager des négociations de branche", a-t-il fait valoir. Ensuite, "nous prendrons en compte leurs conclusions pour les sécuriser par la loi, parce que (...) nous pensons qu'une loi sera nécessaire pour amender (celle) existante". Il a promis d'"apporter une réponse avant le 1er mai 2027 à l'insécurité juridique actuelle".

"Le nerf de la guerre, c’est de monter un plan de sauvegarde pour toutes les professions concernées" résume une source gouvernementale, qui insiste sur le fait que l’autorisation de travailler le 1er mai ne doit concerner que les petits commerçants indépendants…pas les grands groupes.

Depuis vendredi et le rejet tactique de la proposition de loi portant sur le travail le 1er-Mai, syndicats et partis de gauche étaient vent debout contre ce texte et la manœuvre. La proposition de loi aurait permis le travail de salariés ce jour férié dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (cinémas, théâtres).

Grâce à la motion de rejet, le texte pouvait être adopté sans que les députés ne l'aient examiné en première lecture, après une commission mixte paritaire (CMP) finalement écartée par le Premier ministre.