Près de 20.000 personnes s'élancent, ce week-end de la Pentecôte, pour rallier la Beauce depuis Paris. Entre quête spirituelle, déconnexion totale et effort physique, plongée au cœur d'une ferveur qui bat, cette année, tous ses records d'affluence.
Cent kilomètres à pied, trois jours d’effort, de l’église Saint-Sulpice à Paris jusqu’à la cathédrale de Chartres. Le traditionnel pèlerinage de la Pentecôte s'apprête à s'élancer pour une édition historique sous le signe de "la mission". Face à cet élan, une constante : l'indéfectible fidélité des marcheurs qui, année après année, reviennent toujours plus nombreux.
Pour Floria, baptisée il y a deux ans, ce rendez-vous est déjà le troisième. Ce qui la pousse à reprendre la route ? L'esprit de corps unique qui règne au sein du cortège. "Il y a une vraie solidarité, comme dans une famille. Finalement, on marche tous dans la même direction", confie-t-elle au micro d'Europe 1. "Même si on peine, on a mal, on est tellement heureux. Il y a une sorte de force un peu surnaturelle qui fait qu'on continue."
Téléphones coupés et retour à l'essentiel
Si Floria trouve dans cette marche une force collective, pour les vétérans, l'expérience a une tout autre saveur. Manuel participe à l'événement depuis 22 ans. Ce qui n'était au départ qu'un simple défi physique est devenu, au fil du temps, un rendez-vous vital, une véritable bouffée d'oxygène. "Ce que j'aime plus que tout, c'est de me retrouver en dehors du monde pendant trois jours", sourit-il. "Plus de téléphones portables, plus d'embouteillages. On sort totalement de la vie quotidienne pour se recentrer sur l'essentiel", ajoute Manuel au micro d'Europe 1.
Un besoin de déconnexion et de sens qui transcende toutes les générations. Car sur le bitume et les chemins de terre, les profils se croisent et les visages sont également très jeunes. À seulement 19 ans, Pauline encadre déjà un groupe d’une trentaine d’adolescents. Pour elle, cet engouement généralisé n'est pas un hasard. "C’est agréable de se retrouver tous ensemble, un petit peu avec les mêmes valeurs. Je pense que ça s'explique aussi par l'énorme recherche de foi aujourd'hui", analyse la jeune cheffe de groupe.
Au-delà de la démarche de foi et de la performance, le pèlerinage s'impose avant tout comme une aventure humaine hors norme. Durant ces trois jours de fatigue partagée, les barrières tombent et les langues se délient. Les marcheurs confient leurs fardeaux, partagent leurs histoires personnelles les plus intimes, pour finalement repartir soudés comme jamais.