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«Il faut qu'on soit très pragmatique» : le désarroi des policiers face au refus d'obtempérer

[Carla Bernhardt]

Face à la hausse des refus d'obtempérer, de plus en plus de policiers ressentent un malaise, pris en étaux entre le devoir de faire leur métier mais aussi d'éviter tout drame, alors que leur hiérarchie tend à les abandonner en cas d'accident. 

Lyon, Nantes, Bezons... Ces derniers jours, neuf policiers ont été blessés lors de refus d'obtempérer. Un délit en augmentation au cours de l'année dernière, durant les fuyards prennent parfois tous les risques pour échapper à la police, qui à mettre en danger la vie des policiers et des autres usagers de la route. 

Mais face à une hiérarchie qui les abandonne, le malaise des fonctionnaires grandit et certains hésitent désormais à intervenir. À Toulouse, les équipes locales restent marquées par un délit de fuite. 

Des policiers qui hésitent à intercepter les fuyards

Il y a neuf jours, une fonctionnaire de police a été grièvement blessée lors d'un contrôle d'un jeune à scooter. 

"Le scooter est à l'arrêt. Puis, le conducteur accélère, attrape la policière et il la traîne sur une centaine de mètres. Elle est quand très sérieusement blessée aujourd'hui, donc il faut qu'on soit très pragmatique et ne pas prendre de risques", explique au micro d'Europe 1 Bruno Bartosetti, du syndicat Un1té Sud, afin d'éviter aussi les conséquences d'un contrôle qui tournerait mal pour le poursuivi.

De ce fait, cette policière qui souhaite garder l'anonymat ne souhaite plus s'y risquer. "Si on prend le risque de poursuivre un jeune à scooter, dangereux pour la population, il peut continuer d'accélérer et risquer de se tuer", souligne la fonctionnaire. 

Une justice qui ne protège pas les fonctionnaires ?

Et le passé a montré que ce scénario de ce type est un risque réel pour l'ordre public et pour le fonctionnaire sur un plan judiciaire. 

"Le problème, c'est qu'après, il y aura trois semaines d'émeute, que les associations vont se mobiliser contre le fonctionnaire de police. Et en plus de ça, il y a une justice politisée", estime-t-elle.

Et ce qui ne fait qu'amplifier cette colère policière ici, c'est que les auteurs des refus d'obtempérer, même aggravés, ne vont que très rarement en prison.