Homophobie en entreprise : "J’ai commencé à m’inventer une vie pour ne pas prendre de risques"

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Homophobie en entreprise : un salarié gay ou lesbienne sur deux cachent leur orientation sexuelle.
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L'association L'Autre cercle, qui milite pour l'intégration des homosexuels en entreprise, vient de publier son deuxième baromètre. Résultat, dans la plupart des entreprises qui ne font pas de prévention, un salarié gay ou une lesbienne sur deux cachent leur orientation sexuelle, par crainte de remarques. Au micro d’Europe 1, un salarié concerné témoigne.

L'homophobie persiste en entreprise. C'est le résultat du deuxième baromètre que vient de publier l'association L'Autre cercle, qui milite pour l'intégration des homosexuels en entreprise. Le résultat est alarmant : dans la plupart des entreprises qui ne font pas de prévention, un salarié gay ou une lesbienne sur deux cachent leur orientation sexuelle, par peur de remarques et d'être rejeté. Au micro d’Europe 1, Sébastien Petit, un salarié d’une entreprise japonaise, témoigne de son expérience.

"J’ai commencé à m’inventer une vie, à transformer le ‘il’ de mon conjoint en ‘elle’, et de mentir pour pas prendre de risques d’avoir des remarques", déclare-t-il. Il lui a fallu près de 20 ans pour oser dire à sa société qu'il était homosexuel. Dans l'entreprise japonaise pour laquelle il travaillait, il a eu peur de la réaction de ses collègues, des commerciaux essentiellement.

Un salarié homosexuel sur six dit avoir été discriminé

"Vous savez ce sont ces petites phrases que les gens lâchent au lendemain d’un match de foot, où on dit : ‘Ben tiens, c’est des vrais p... sur le terrain’. Le terme ‘enc...’ est extrêmement utilisé dans l’entreprise, que ce soit dans les couloirs, que ce soit à la machine à café" raconte-t-il.

Et c'est vrai encore aujourd'hui. Plus de 4 salariés sur 10 entendent des expressions homophobes fuser dans l'open space, et 1 sur 6 dit avoir été discriminé par sa direction. Le résultat est sans appel : la moitié préfère se cacher et se taire et une majorité écrasante choisit de renoncer à certains droits plutôt que de faire son coming-out, comme profiter d'un voyage du comité d'entreprise ou inscrire son conjoint sur sa mutuelle.

Europe 1
Par Eve Roger édité par Olfa Ayed