Guadeloupe : au moins 2.000 manifestants dans la rue contre les effets de la crise sanitaire

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A l'appel de 11 syndicats, ils ont notamment protesté contre les licenciements provoqués par la crise sanitaire.
A l'appel de 11 syndicats, ils ont notamment protesté contre les licenciements provoqués par la crise sanitaire. © Lionel CHAMOISEAU / AFP
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Entre 2.000 et 3.000 manifestants ont défilé samedi dans les rues de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe pour protester notamment contre les licenciements annoncés par les entreprises à cause de la crise sanitaire du Covid-19. Mais des problématiques plus anciennes ont aussi refait surface.

Entre 2.000 et 3.000 manifestants, selon les organisateurs, ont défilé samedi dans les rues de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, à l'appel de 11 syndicats, pour protester notamment contre les licenciements annoncés par les entreprises à cause de la crise sanitaire. Masquées ou non, les manifestants ont défilé dans les rues pontoises, parfois au son des chachas (percussion caribéenne), pour exprimer leur colère. Crise sanitaire, licenciements, respect de conventions collectives, demande de titularisations, port du masque obligatoire pour les enfants à l’école dès 6 ans ou scandale de la chlordécone : cette grande marche a cristallisé de nombreux griefs exprimés depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois en Guadeloupe.

Le port obligatoire du masque dès 6 ans aussi critiqué

"Des embauches pour tous!", pouvait-on ainsi lire, ou "sablyè en grève" en référence à une grève des agents des sablières de Guadeloupe qui dure depuis près de quatre mois. "Enfants en danger" ou "non à l’asphyxie" avaient de leur côté écrit des parents d’élèves opposés au port obligatoire du masque dès 6 ans, entré en vigueur lundi en Guadeloupe. Un collectif de parents a ainsi revendiqué plusieurs blocages et opérations escargots sur les routes de l’archipel depuis une semaine.

Une situation "extrêmement difficile, à tous les niveaux"

Les syndicats dénoncent les "licenciements" annoncés dans plusieurs entreprises du fait de la crise économique liée à l'épidémie du Covid-19, mais sont aussi revenus sur des problématiques plus anciennes. "On est dans une situation extrêmement difficile aujourd'hui et cela à tous les niveaux :  travail, transport, eau, vie quotidienne chlordécone etc", a ainsi résumé Élie Domota, de l’UGTG. Ce dernier, leader du grand mouvement de protestation qui avait eu lieu en 2009, paralysant l’archipel durant 44 jours, a évoqué dans les médias locaux "le mépris de patrons esclavagistes" et annoncé une "amplification" du mouvement.  

Max Evariste, secrétaire général de l’Union Départementale FO-Force Ouvrière a souligné l’importance de la mobilisation "malgré le Covid". "On a le nombre c’est ça qui fait notre force", a-t-il observé, annonçant, une suite au mouvement, tout comme Teddy Tancons, secrétaire académique SNCL (syndicat national collège et lycées) qui a évoqué les "postes qu’on supprime" et "nos lauréats qui sont obligés de partir". Donc "il y aura une suite", selon lui.