1:30
  • Copié
Mélanie Gomez, édité par Yanis Darras
Les agriculteurs restent mobilisés en France. Plusieurs dizaines d'entre eux poursuivent les blocages sur certaines autoroutes du pays, pour dénoncer l'empilement de normes et la concurrence extra-européenne. Parmi les autres revendications : une meilleure prise en charge des frais vétérinaires pour le covid de la vache, la MHE.

Taxes, normes, concurrence extra-européenne... Les agriculteurs crient leur ras-le-bol. Depuis plusieurs jours, une centaine de cultivateurs bloquent l'autoroute A64 qui relie Toulouse à Biarritz. D'autres blocages sont également signalés, notamment sur l'A7 au sud de Lyon où sur l'A62 près d'Agen. 

Parmi les revendications des agriculteurs : la prise en charge des frais vétérinaires de ce que l'on appelle, le covid de la vache. La MHE, pour maladie hémorragique épizootique, touche le bétail principalement. S'il s'agit d'un virus qui ne se transmet pas à l'homme, aucun vaccin n'existe pour le moment. 

Un taux de mortalité très faible

Dans le Sud-ouest, plusieurs cas ont été signalés récemment. "À l'origine, c'est une maladie qui a été identifiée en 1955 aux États-Unis, qui est transmise par des moucherons. Donc, les moucherons vont aller piquer des ruminants ou des cervidés" et transmettre la maladie, explique au micro d'Europe 1, Stéphane Zientara, vétérinaire et directeur du laboratoire de santé animale à l'Anses.

"Le taux de mortalité est très faible, moins de 1%", souligne-t-il néanmoins. Mais, "vous avez des animaux qui pendant quelques jours ou quelques semaines, sont très fatigués, ne se nourrissent pas et donc, perdent du poids et ne produisent plus de lait par exemple. En fait, les problèmes que pose cette maladie, c'est que les animaux sont malades et donc produisent beaucoup moins. D'autant qu'il y a des traitements symptomatiques. Cela représente des coûts vétérinaires" pour les agriculteurs, poursuit-il.

L'État met la main au portefeuille

"Deuxièmement, les zones infectées sont soumises à des restrictions de mouvement. Donc, lorsqu'un animal doit aller d'une zone infectée vers une zone non infectée, notamment pour être exporté par exemple vers des pays comme l'Italie, il faut qu'il soit soumis à des tests, notamment PCR. Tout cela a un coût. Donc si vous prenez les coûts liés aux frais vétérinaires et les coûts dans les cas d'échange d'animaux, ça représente un budget conséquent", conclut Stéphane Zientara. 

Face aux demandes des éleveurs, le ministre de l'Agriculture a annoncé que l'Etat remboursera 80% des soins vétérinaires liés au MHE et indemnisera à hauteur de 80% les animaux morts à partir du mois prochain.