Grève : les employeurs sont-ils tenus de rembourser les taxis de leurs salariés ?

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Après deux jours de paralysie en raison du mouvement social contre la réforme des retraites, l'avocat Roland Perez fait le point sur les droits des salariés en période de grève. Ont-ils le droit d'arriver en retard, de ne pas se déplacer ou de demander à travailler de chez eux ? 
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Les deux journées de grève et de paralysie liées au mouvement social contre les retraites ont empêché bon nombre de salariés de travailler normalement, jeudi et vendredi. Alors que la contestation se poursuivra en début de semaine, quels sont les droits des employés dans ce type de situation ? Que se passe-t-il s'ils arrivent en retard ou s'ils ne peuvent pas venir travailler ? Peuvent-ils faire du télétravail ? L'avocat Roland Perez fait le point. 

Appeler pour prévenir d'un éventuel retard

Les salariés doivent tout faire pour venir travailler : le Code du travail ignore les conséquences des grèves sur l’emploi et n’excuse en rien les employés. A priori, compte tenu de la large diffusion de l’information sur l’annulation des trains, ou de certaines lignes du métro, ceux-ci ne pourront en revanche pas être sanctionnés s'ils n'ont aucun moyen de se rendre au travail : à l’impossible nul n’est tenu !

Les dates de la grève étant connues en amont, une autre option pour se couvrir consiste à  négocier avec son employeur pour prendre un jour ou plusieurs jours de RTT ou de congés. Pour les plus courageux qui seraient en retard en raison des bouchons ou du service minimum dans les transports, les salariés ne sont pas pénalisés. Ils doivent simplement appeler leur employeur pour prévenir. 

Le télétravail pour certains métiers

Quid du télétravail ? Il a été simplifié avec l’entrée en vigueur des ordonnances Macron en 2017, puisqu'il suffit d’un simple accord entre les salariés et l’entreprise pour mettre en place de façon ponctuelle le travail depuis la maison du salarié. Un mail ou une lettre constatant l’accord fait l'affaire. 

Il faut en revanche que cela soit matériellement possible : le salarié dispose-t-il d’une connexion internet, d’un ordinateur ? Les données de son poste  sont elles accessibles ? Il faut vérifier tout cela... à condition bien sûr que le poste occupé permette le télétravail !Un vendeur dans un commerce physique, une infirmière dans une clinique ou un(e) hôte(sse) pour un service d’accueil ne pourront pas en bénéficier. 

Pas de remboursement systématique des taxis

Ceux qui espéreraient se faire rembourser un VTC, un taxi ou un covoiturage payant seront en revanche déçus : l'employeur n'est pas tenu de rembourser le prix de ces transports exceptionnels, sauf accord préalable. Toujours au chapitre de l'argent, les entreprises ne sont pas tenues de rémunérer les jours d'absence ou les heures de retard des salariés confrontés aux grèves... sauf convention connective ou accord d'entreprise le prévoyant. 

 

 

 

 

 

 

 

Europe 1
Par Roland Perez