"Gilets jaunes" : José Bové s'inquiète d'une "récupération par des mouvements extrémistes"

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Chez Christophe Hondelatte, le député européen évoque le mouvement social et met en garde contre toutes récupérations politiques.

HONDELATTE RACONTE

L’exécutif se prépare à une nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes" samedi à Paris. Un "acte 4", dont le pouvoir exécutif redoute qu’il soit encore plus violent que la semaine précédente. Chez Christophe Hondelatte mercredi, alors que José Bové était invité pour évoquer son acte de désobéissance civique du démontage du McDonald's de Millau en 1999, il s'est exprimé au sujet des "gilets jaunes".

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"Quand ce mouvement a démarré, c’était sur la question des taxations carbones et l’augmentation des taxes sur le pétrole", rappelle José Bové, "puis c’est devenu un ras-le-bol généralisé, avec des choses qui peuvent se passer sympathiquement et d’autres de manière négative."

"La limite de ce type de mouvement". Mais ce qui inquiète l’ancien porte-parole de la Confédération paysanne aujourd'hui, ce sont les dérives inhérentes à ce type de mobilisation. "On a bien vu les tentatives de récupération des mouvements extrémistes et notamment nationalistes. C’est la limite de ce type de mouvement", estime-t-il, "il n’y a pas de leader et ensuite, n’importe qui peut tenter de le récupérer."

José Bové tient donc à mettre en garde les sympathisants des "gilets jaunes", quant à une captation du mouvement à d’autres fins que celles initialement prévues. "On a une révolte qui part d’une démarche sincère, mais qui se retrouve à un moment complètement détournée. (…) C’est dramatique", regrette-t-il.

Quelle forme d’action employer ? Concernant les dégradations entraînées par différentes manifestations, José Bové est sans compromis. "Pour moi la non-violence est quelque chose de fondamentale", affirme le député européen. "Quand on bloque des péages autoroutiers et qu’on fait passer les gens gratuitement : on peut dire que c’est un acte de désobéissance qui se fait dans un cadre correct", analyse José Bové. "Mais quand on voit ensuite des slogans qui parlent de dissolution du parlement, d’une demande de démission du président de la République, et que cela dégénère en bataille rangée dans les rues de Paris, on sort complètement de ce cadre-là", déplore-t-il.

"Il y a des choses que je peux comprendre, mais à travers ces actions récupérées par un certain nombre de mouvements extrémistes, c’est l’idée même de faire société qui est en train d’être remis en cause", conclut l'homme politique.