Gilets jaunes : faible mobilisation pour l'acte 30, sauf à Montpellier qui résiste

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Entre 2.000 et 5.000 personnes ont défilé samedi à Montpellier, selon les estimations. © Pascal GUYOT / AFP
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Avec 10.300 manifestants dans toute la France, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, l'"acte 30" des "gilets jaunes" n'a que très peu mobilisé, hormis à Montpellier où des heurts ont éclaté dans le centre-ville.

Le mouvement des "gilets jaunes" enregistrait une très faible mobilisation samedi, avec 10.300 manifestants dans toute la France, dont 1.100 en Île-de-France, selon le ministère de l'Intérieur, mais résistait à Montpellier, où des échauffourées violents ont éclaté. Les "gilets jaunes", qui contestent les chiffres officiels, ont comptabilisé quant à eux 19.654 participants. 

De violents heurts à Montpellier

 À Montpellier, où un appel national à manifester avait été lancé, plus de 2.000 personnes selon la préfecture, 5.000 selon les "gilets jaunes", se sont rassemblées dès midi place de la Comédie. Dès le départ du cortège, des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre, qui ont usé massivement des gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants, ainsi que de canons à eaux, dans des rues très fréquentées en ce samedi estival. Les heurts ont fait 8 blessés légers vers 16 heures, selon la préfecture : quatre parmi les manifestants et quatre parmi les forces de l'ordre suite à des jets de projectiles et engins pyrotechniques, un policier ayant été brûlé au bras.

Sur la place de la Comédie, dont le sol est jonché de bouteilles de verre cassées, de pierres et de morceaux de bois, une grande banderole jaune : "Vous faites que parler, écoutez nous. On ne veut pas d'armée en bas de chez nous".  Refoulés vers cette place centrale puis évacués à plusieurs reprises par les CRS, des "gilets jaunes" se disant "très en colère" et "dégoûtés" d'avoir été "empêchés de manifester", se sont ensuite disséminés à travers le centre-ville, jouant au chat et à la souris avec les policiers.

"Les manifestants les plus virulents envoient des bombes agricoles, des pavés, bouteilles en verre... sur les forces de l'ordre qui répondent avec mesure et un grand sang-froid", assure la préfecture, précisant qu'il "n'a pas été fait usage de Lanceur de balles de défense (LBD), uniquement de gaz lacrymogène". Selon la préfecture, sept interpellations avaient été effectuées vers 16H30 et des banques et du mobilier urbain ont été dégradées sans que le bilan officiel ne soit établi à ce stade. 

Un millier de manifestants en banlieue parisienne

En banlieue parisienne, une marche de Saint-Denis à Bobigny intitulée "Les gilets jaunes en banlieue, Acte I", a rassemblé un millier de personnes. Les manifestants s'étaient donné rendez-vous au Stade de France à Saint-Denis pour converger ensuite vers la préfecture de Bobigny en passant par plusieurs cités de banlieue parisienne, comme les 4000 à La Courneuve.

Certains manifestants ont ouvert la marche avec une banderole "ni oubli ni pardon 2005-2019" en référence à la date de la mort de Zyed et Bouna, décédés dans un transformateur électrique à Clichy-sous-Bois en 2005 alors qu'ils fuyaient la police. Leur mort avait déclenché une vague de révolte dans les banlieues. Des échauffourées ont éclaté à Drancy et à l'approche de la préfecture à Bobigny.

Très faible mobilisation dans les autres régions

Dans d'autres villes de France, la mobilisation a été très faible, comme à Marseille (200 manifestants selon la préfecture). Dans l'Est, à Nancy, un cortège de 350 "gilets jaunes" a défilé dans le centre-ville, sous la surveillance de 150 policiers, selon la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Quelques fumigènes ont été allumés et des affiches avec des slogans anticapitalistes apposées sur des commerces appartenant à des grands groupes, a précisé la préfecture.

À Dijon, douze personnes ont été interpellées samedi après-midi, notamment pour des violences et des dégradations, et un CRS a été blessé lors d'une manifestation tendue pour l'acte 30 du mouvement des "gilets jaunes", a indiqué la préfecture de Côte-d'Or.