"Gilets jaunes" et lycéens : l'IGPN saisie de 48 affaires de violences policières présumées

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Des enquêtes concernent notamment des manifestants blessés après des tirs de lanceurs de balle de défense.
Des enquêtes concernent notamment des manifestants blessés après des tirs de lanceurs de balle de défense. © GEORGES GOBET / AFP
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Quarante-huit affaires de violences policières présumées, commises lors du mouvement des "gilets jaunes" ou à l'encontre de lycéens, ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale. 

L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a été saisie par la justice de 48 affaires de violences policières présumées lors de manifestations des "gilets jaunes" et des lycéens, a indiqué vendredi le ministère de l'Intérieur. Plusieurs de ces affaires avaient trouvé un large écho sur les réseaux sociaux, notamment la vidéo d'un homme en train de se faire rouer de coups par des policiers à Paris le 1er décembre ou celle des lycéens de Mantes-La-Jolie, filmés le 6 décembre mains entravées ou sur la tête, à genoux ou assis au sol, après leur interpellation.

L'usage décrié des lanceurs de balle de défense. D'autres enquêtes concernent des manifestants blessés après des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD), notamment un "gilet jaune" à Toulouse ou un lycéen à Orléans. "Il n'y a pas eu de recensement spécifique des affaires liées à l'usage du LBD", précise le ministère, qui vient de lancer un appel d'offres pour acquérir de nouveaux exemplaires de cette arme, dont l'usage est décrié. Le 7 décembre, quelque 200 personnalités, dont plusieurs députés de l'opposition de gauche, avaient appelé le gouvernement à cesser "immédiatement" d'utiliser des lanceurs de balles automatiques pour réprimer les manifestations. Depuis le début du mouvement le 17 novembre, dix "gilets jaunes" sont morts et plus de 1.500 ont été blessés, dont une cinquantaine gravement, selon des sources policières.

Plus de 5.500 interpellations. Les forces de police et de gendarmerie, qui ont procédé à plus de 5.500 interpellations et plus de 5.000 gardes à vue, déplorent de leur côté plus de 1.000 blessés. Selon plusieurs représentants de ce mouvement très divers, de nouvelles manifestations auront lieu samedi, pour le septième week-end consécutif, à Paris, Lyon, Nantes, Toulouse ou encore à Bordeaux. Un nouveau rassemblement des "gilets jaunes" est ensuite attendu la nuit de la Saint-Sylvestre, notamment à Paris sur les Champs-Élysées. Selon le gouvernement, la mobilisation des "gilets jaunes" a largement décru ces dernières semaines avec 38.600 manifestants en France pour leur "acte 6" samedi dernier, contre 66.000 une semaine plus tôt. Le 17 novembre, premier samedi de mobilisation, 282.000 personnes s'étaient rassemblées en France, selon le gouvernement.