Gilets jaunes à Besançon : trois personnes, dont deux journalistes, en garde à vue pour une bagarre

L'incident avait eu lieu lors de l'acte 22 des "gilets jaunes". Image d'illustration.
L'incident avait eu lieu lors de l'acte 22 des "gilets jaunes". Image d'illustration. © AFP
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avec AFP , modifié à
Le 13 avril, un homme en état d'ébriété avait agressé le correspondant d'un média bisontin lors d'une manifestation des "gilets jaunes". Ce dernier avait réagi en frappant l'homme, déclenchant une bagarre impliquant également un autre correspondant et une quatrième personne. 

Trois personnes, dont deux journalistes de médias locaux, ont été placées en garde à vue lundi à Besançon pour des coups portés sur un passant en marge d'une manifestation des "gilets jaunes" en avril, a-t-on appris de sources concordantes. Ces trois personnes sont suspectées de violences en réunion sur un passant, a indiqué le procureur de la République à Besançon Etienne Manteaux.

Le samedi 13 avril, un homme en état d'ébriété avait agressé le correspondant du média bisontin Radio BIP, lors de l'"acte 22" des "gilets jaunes", a précisé une source policière. Ce correspondant avait réagi en frappant l'homme alcoolisé et une bagarre s'en était suivie, impliquant un correspondant du média Factuel.info et une autre personne, selon cette même source.

L'agresseur du correspondant de Radio BIP avait été rapidement interpellé et placé en cellule de dégrisement. Les images de vidéosurveillance avaient permis d'identifier trois personnes qui lui avaient porté des coups, a encore expliqué la source policière.

Les médias des deux journalistes ne veulent pas "se laisser intimider"

Dans un communiqué commun, Factuel.info et Radio BIP/Média25 ont affirmé lundi leur volonté de "ne pas se laisser intimider" par ces placements en garde à vue. "Dans un contexte où la presse indépendante est en première ligne pour couvrir les manifestations et les mouvements sociaux, relevant notamment les violences policières, il n'est pas anodin que deux de ses contributeurs soient l'objet de mesures répressives", écrivent-ils.

Ils soulignent avoir depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" documenté les violences policières commises, notamment "en filmant un coup de matraque gratuit asséné par un policier sur la tête d'un manifestant pacifique qui lui tournait le dos, le 30 mars". L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie dans cette affaire. Une vidéo, réalisée par une journaliste de Média 25 et Radio Bip, montrait un homme marcher à reculons face à un policier qui avait laissé tomber au sol ce qui semble être une grenade lacrymogène. Un autre policier arrivait par le côté et lui assénait un coup de matraque sur le côté de la tête.