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Jean-Luc Boujon, édité par Ugo Pascolo
A la Ville de Lyon, certains fonctionnaires, comme les agents de la police municipale, travaillent 32 heures par semaine. "Un avantage" dû "aux difficultés de service" que le gouvernement veut supprimer. 

Ils ne travaillent pas 35 heures par semaine et le gouvernement veut y remédier. A Lyon, comme dans d'autres collectivités, certains fonctionnaires ne travaillent que 32 heures hebdomadaires, une réalité qu'Emmanuel Macron veut changer en les obligeant à travailler trois heures de plus et ainsi pouvoir supprimer 70.000 postes en cinq ans. Une mesure impopulaire, qui fait partie de la grogne des fonctionnaires qui manifestent ce mardi à partir de 14 heures

Entre "3,5 et 4 millions d'euros par an". "A la Ville de Lyon, les fonctionnaires travaillent 15.168 heures par an [contre les 1.608 heures annuelles, soit 35 heures par semaine, ndlr], tout le monde à une semaine de vacances en plus ! C'est un scandale !", s'emporte Michel Vergnaud, président de l'association de contribuables Canol qui dénonce les 32 heures des fonctionnaires depuis 15 ans. "Ça coûte au moins 3,5 ou 4 millions d'euros chaque année, c'est énorme", explique-t-il au micro d'Europe 1. 

"Cela correspond à des acquis". Soucieux de réduire les effectifs et de faire des économies dans la fonction publique, le gouvernement compte obliger ces fonctionnaires à faire leur 35 heures. "Nous on se bat pour les 32 heures, pour justement créer de l'emploi", rétorque Richard Delauzun, de la GCT Ville de Lyon. "On veut partager le travail avec les 32 heures". Mais les élus dont dépendent ces fonctionnaires territoriaux sont pressés par le gouvernement pour appliquer les 35 heures, alors les fonctionnaires tentent de renégocier d'anciens accords. Mais le dossier est épineux : "le problème c'est que cela correspond à des acquis", explique Michèle Picard, maire de Vénissieux.

"Des avantages qui compensent la difficulté de service". "Par exemple, les 32 heures de la police municipale correspondent à la difficulté du métier et au décalage horaire. Ce sont des avantages qui compensent les difficultés de service". Depuis un an et l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, les discussions avancent très lentement sur le sujet. Les fonctionnaires qui vont se joindre aux quelque 130 cortèges prévus dans toute la France ce mardi vont s'opposer à cette réforme.