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Files interminables, scènes de chaos… Pourquoi le lancement de la montre «Royal Pop» a-t-il tourné au fiasco ?

Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP [Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

De violents débordements ont émaillé la sortie très attendue de la "Royal Pop",  issue de la collaboration entre Swatch et Audemars Piguet. À Lille, Lyon ou encore Paris, la vente a tourné au fiasco, avec des policiers obligés d'intervenir et des boutiques contraintes de fermer le rideau.

Du gaz lacrymogène pour disperser des clients... C'est le scénario improbable qui s'est déroulé lors du lacement des montres "Royal Pop" ce samedi 16 mai. Mais contrairement à ce que laissent penser ces scènes des meutes, cette montre n'a d'abord aucune valeur de rareté. 

Car les deux marques, Swatch et Audemars Piguet, ont déjà annoncé que l'objet ne serait pas une édition limitée. En clair, il sera donc possible de l'acheter dans quelques semaines, une fois les stocks reconstitués. 

"Gagner une somme très rapidement"

D'un point de vue technique, cette montre n'a également pas grand chose d'exceptionnel, comme le détail Paul Bouyssou, expert en horlogerie : "C'est une montre qui ne va pas durer aussi longtemps qu'une ode marpiguée qu'on pourra réparer pendant une bonne centaine d'années voire plus longtemps. C'est une montre qu'on ne pourra pas réparer et qui au bout de 10 ou 15 ans ne fonctionnera plus et ce sera à la poubelle". 

Un montre difficile donc à revendre. Mais alors pourquoi de telles scènes d'émeute ? Selon Paul Bouyssou, le phénomène dépasse largement le cadre de l'horlogerie : "Il y avait les chaussures Lidl : les gens avaient fait des émeutes aussi pour avoir les chaussures en premier. C'est comme ces scènes où les gens se précipitent sous les rideaux de fer dès qu'ils sont ouverts", rappelle-t-il. 

"Et c'est vrai que dedans, vous avez quand même le profil de personnes qui veulent gagner une somme très rapidement. Mais je pense que c'est plus un phénomène sociétal que quelque chose lié à l'horlogerie", analyste-t-il. Il y a trois ans, une vente de baskets Nike avait déjà dégénéré de la même façon à Paris, provoquant des mouvements de foule et des malaises.