"Fête à Macron" : dans un contexte tendu et avec un dispositif de sécurité renforcé

Les débordements du 1er-Mai inquiètent les autorités à l'approche de la manifestation de samedi.
Les débordements du 1er-Mai inquiètent les autorités à l'approche de la manifestation de samedi. © Thomas SAMSON / AFP
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M.L avec AFP
Après les débordements survenus en marge du défilé du 1er-Mai, la manifestation organisée samedi  fera l'objet d'une surveillance renforcée.

L'image des "black blocs", visages masqués et armes de fortune à la main, sera dans tous les esprits. Samedi, une manifestation baptisée la "fête à Macron" doit avoir lieu entre la place de l'Opéra et celle de la Bastille, à Paris. L'initiative, lancée par le député La France insoumise François Ruffin et d'ex-membres du mouvement Nuit debout, n'est pas d'hier : elle remonte au début du mois d'avril. Mais l'événement inquiète particulièrement les autorités depuis le défilé du 1er-Mai, mardi. En marge du cortège syndical, un rassemblement inédit de militants cagoulés s'y est livré à de violentes dégradations, visant une trentaine de commerces, des véhicules et du mobilier urbain. Pour éviter que la "fête" de samedi, annoncée comme "joyeuse et festive" ne soit elle aussi émaillée de débordements, le dispositif de sécurité a été renforcé. Europe 1 fait le point.

Comment doit se dérouler la manifestation ?

"Personne n'a envie de se retrouver au milieu des gaz lacrymogènes et des des 'black blocs'", a balayé vendredi matin Benoît Hamon, dont le mouvement Générations fait partie des initiateurs de la "fête". "Aucun de ceux qui demain iront pique-niquer, défiler, et j'appelle les Français à être nombreux à y aller, n'a envie que cette journée du 5 mai soit salie et souillée par des violences." Selon les termes employés par les organisateurs eux-mêmes, l'événement est une manifestation "pot au feu", à laquelle chacun est invité à participer avec "ses propres revendications, ses colères, mais aussi ses espoirs".

Le rendez-vous est donné place de l'Opéra à 12 heures pour un pique-nique et un concert, avant la manifestation. En début de cortège, un "carré des luttes", comportant environ 200 représentants des différents secteurs mobilisés (cheminots, étudiants, personnel soignant…) exclura les personnalités politiques. Celles-ci défileront dans le cortège, composé notamment de quatre chars ("Jupiter", "Dracula", Napoléon" et "résistance") jusqu'à la place de la Bastille, où un autre concert est prévu à 20 heures. Le choix d'un rassemblement au Louvre, symbole du discours prononcé par Emmanuel Macron le soir de son élection, a été retoqué par la Préfecture de police.

Que prévoient les organisateurs en termes de sécurité ?

Selon le préfet de police de Paris Michel Delpuech, les services de police n'observent pour l'instant pas d'appels à la violence similaires à ceux qui ont précédé le 1er-Mai sur les réseaux sociaux. Mais "il y a tout lieu de penser que des individus animés par le seul désir de commettre des violences et de s'en prendre aux forces de l'ordre tenteront de nouveau de s'intégrer dans la manifestation afin de constituer un black bloc", a-t-il prévenu.

Lors d'une conférence de presse organisée mercredi, au lendemain des violences du 1er-Mai, les organisateurs de la "fête" ont donc annoncé la mise en place de deux services d'ordre. Un premier d'une "centaine de personnes", sera chargé d'encadrer le cortège. Un second, d'une cinquantaine de personnes, sera disposé autour du "carré des luttes". Ces mesures viennent s'ajouter à un dispositif renforcé par la préfecture de police : 2.000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi, soit 500 de plus que mardi. Ils mettront notamment en place des barrages filtrants  pour interpeller les personnes porteuses d'armes en amont du cortège.

Qu'en dit le gouvernement ?

"Dans le langage populaire, 'faire la fête à quelqu'un' ça peut avoir une double signification, il y a un côté sympathique et festif et puis il y a un côté plus violent 'on va lui faire sa fête'", a prévenu le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. "Donc on craint aussi que des violences puissent avoir lieu et donc il est normal qu'on renforce les dispositifs de sécurité pour permettre à nouveau aux manifestants le droit de manifester", a-t-il poursuivi, soulignant que "chacun doit pouvoir manifester calmement, pacifiquement".

Taxé de mauvaise anticipation ou de réaction tardive lors du défilé du 1er-Mai, l'exécutif affiche sa fermeté tout en amendant son dispositif "avec la volonté, cette fois-ci, de séparer totalement les manifestants de ceux qui veulent casser", selon le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Samedi, selon la préfecture de police, les forces de l'ordre "se déploieront tout au long de l'itinéraire" sans être au contact direct avec les manifestants, "afin d'être en capacité d'intervenir dans les délais les plus brefs pour prévenir d'éventuelles exactions et y mettre fin". Il n'est en revanche "pas question de déployer systématiquement" des forces de l'ordre devant certains lieux ou devantures au risque, "en cas de violences", de la "double peine" : des dégâts matériels mais aussi des blessés.