Enfants battus : "Le confinement est un facteur aggravant", avertit Frédéric Bouraly

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Le comédien Frédéric Bouraly est également ambassadeur de l'association L'Enfant bleu, qui milite pour la protection des enfants.
Le comédien Frédéric Bouraly est également ambassadeur de l'association L'Enfant bleu, qui milite pour la protection des enfants. © Europe 1
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La période de confinement, imposée pour lutter contre la propagation du coronavirus, est considérée comme plus à risques pour les enfants victimes de violences. Ambassadeur de l'association L'Enfant bleu, le comédien Frédéric Bouraly a rappelé, lundi sur Europe 1, l'importance pour les voisins de faire preuve de vigilance à l'égard des enfants et de signaler toute maltraitance au 01 56 56 62 62.
INTERVIEW

Avec le confinement imposé depuis plus de deux semaines en France contre la propagation du coronavirus, les associations de protection de l'enfance redoutaient une augmentation des violences. Une réalité illustrée notamment par la mort, lundi, d'un enfant de six ans sous les coups de son père en Seine-Saint-Denis. "Le confinement est un facteur aggravant", estime Frédéric Bouraly, contacté par Europe 1. Le comédien, connu pour jouer le rôle de José dans Scènes de ménages, est également ambassadeur de l'association L'Enfant bleu qui milite pour la protection des enfants.

Signaler un danger au 01 56 56 62 62

"Majoritairement, c'est avec l'entourage familial immédiat qu'il y a des soucis", précise-t-il, évoquant une période de confinement pouvant favoriser les cas de violences sur les enfants comme sur les femmes. En effet, d'habitude la majorité des signalements de maltraitances viennent de l'école. Mais Frédéric Bouraly espère toutefois que le confinement imposé à tous permette aux voisins témoins de donner l'alerte. "Qui dit confinement dit voisinage présent en permanence et plus vigilant", affirme-t-il, rappelant le numéro à composer pour signaler un danger pour un enfant, le 01.56.56.62.62.

"C'est difficile pour les gens de signaler parce qu'ils se disent qu'ils vont avoir des ennuis", concède le comédien. Mais au bout du fil, assure-t-il, "l'association L'Enfant bleu donne accès à des psychologues et des gens compétents pour donner des conseils et aiguiller vers les bons services pour faire avancer le dossier". Des dossiers menés de bout en bout par l'association, assure Frédéric Bouraly.

"On entend peu les hommes à ce sujet"

 "Ce qui est formidable, c'est qu'après avoir été pris en charge par cette association, des enfants s'en sortent", déclare-t-il. Actuellement, la France compte 50.000 enfants placés et 300.000 enfants suivis au sein de leur famille. Mais l’aide sociale à l’enfance est considérablement impactée par ce confinement. Dès le 19 mars dernier, soit trois jours après le début des mesures de confinement, le secrétaire d'État à la Protection de l'enfance, Adrien Taquet, avait alerté sur les risques de maltraitance des enfants pouvant survenir pendant cette période.

Sur son engagement auprès de l'association l'Enfant bleu, Frédéric Bouraly le reconnait : "On entend peu les hommes à ce sujet ; peut-être qu'ils ne se sentent pas légitimes". Hommes ou femmes, le comédien rappelle l'importance de composer le 0156 56 62 62, mais aussi le 119, numéro du Service National d'Accueil Téléphonique de l'Enfance en Danger (SNATED), joignable lui aussi gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 depuis n'importe quel téléphone, fixe ou mobile. 

 

Europe 1
Par Pauline Rouquette