Emmanuel Macron a estimé mercredi qu'"aucune violence n'est légitime", "ni verbale, ni physique, ni contre les biens, ni contre les personnes", condamnant les responsables politiques qui ont été "ambigus" sur cette question.
Le président français, en déplacement à Doha, a affirmé à la presse que la réunion prévue jeudi entre le Premier ministre Sébastien Lecornu et les partis politiques a pour but de "responsabiliser tout le monde dans ce contexte" après les scènes de casse et pillages du week-end dernier.
"La main ne doit pas trembler au sommet de l'État", a estimé mercredi Emmanuel Macron, justifiant ainsi le maintien de sa tournée dans le Golfe au lendemain d'un week-end de violences en France.
"Il ne doit pas y avoir de fébrilité", a-t-il appuyé. "Je suis dans mon rôle, je suis à ma tâche", a insisté le président français lors d'une conférence de presse à Doha, après trois jours de visites notamment destinées à sécuriser les approvisionnements en carburant de la France.
Emmanuel Macron a annoncé qu'il tiendrait jeudi matin une réunion avec le renseignement, le Premier ministre Sébastien Lecornu et "les ministres concernés" afin d'avoir un "compte-rendu détaillé" de la journée de mobilisation du 17 octobre, qui a été émaillée de violences et de pillages.
Le président français, qui s'exprimait devant la presse en marge d'un déplacement à Doha mercredi, a estimé nécessaire de faire "la transparence" sur ce qui s'est passé.
Le président Emmanuel Macron a affirmé mercredi que les Français allaient avoir "le juste retour" des volumes de diesel sécurisés dans le cadre de sa tournée dans le Golfe, très critiquée en France, en pleine crise après les violences du week-end.
La France a également sécurisé auprès du Qatar "durant la période hivernale l'équivalent de 2 TWh par mois de gaz naturel liquifié (GNL)", a déclaré M.Macron lors d'un point de presse à Doha.
"Les gens seront empêchés de faire le désordre samedi prochain", a assuré ce mercredi midi devant les journalistes, le président de la République Emmanuel Macron, quelques jours après les émeutes de ce week-end.
Quelques jours après les émeutes du week-end, en marge des manifestations contre la vie chère, «aucune violence n'est légitime», «ni verbale, ni physique», a insisté Emmanuel Macron devant les journalistes ce mercredi midi.
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Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a estimé mercredi que les pillages survenus le week-end dernier en marge des manifestations "légitimes" contre "la vie chère" n'étaient pas "des opérations de pouvoir d'achat" mais de la "délinquance", en voulant pour preuve le vol d'"alcools forts" dans ses magasins.
"Les manifestations, les revendications sur le pouvoir d'achat, les peurs, etc., elles sont légitimes", a déclaré sur France Inter le patron du deuxième distributeur alimentaire de France. "Personne n'est mieux placé que nous chez Carrefour pour comprendre la détresse d'un certain nombre de Français sur le pouvoir d'achat", a-t-il ajouté.
Mais "le vandalisme, les pillages de ce week-end", qui ont touché 3.000 commerces environ dont une cinquantaine de points de vente Carrefour, "ce ne sont pas des opérations de pouvoir d'achat", a-t-il insisté. "Ce qui a été volé dans mes magasins, je vends de l'alimentaire, c'est pas de l'alimentaire, c'est des alcools forts pour du trafic", a fait valoir Alexandre Bompard.
François Hollande a appelé mercredi à ne pas "faire une fixation" sur le rôle de La France insoumise dans les manifestations des dernières semaines, tout en reprochant au mouvement de gauche radicale de n'avoir pas "dénoncé clairement la violence".
"Ce qui s'est produit, ce n'est pas un parti politique ou un personnage qui a mis de l'huile sur le feu et qui a organisé la manifestation. Ce qui s'est produit, c'est qu'il y a eu des violences, des pillages, du vandalisme et des attaques contre des bâtiments publics", a dit l'ancien président socialiste sur France Inter.
Le gouvernement pointe la responsabilité supposée de l'ultragauche et de LFI, qu'il accuse d'avoir poussé au désordre en marge des mobilisations du 17 octobre.
François Hollande a estimé que "ce qu'on peut reprocher à LFI, c'est de ne pas dénoncer clairement la violence, ou de mettre en équivalence la violence des émeutiers et la violence policière". Mais il a affirmé qu'il ne fallait pas "faire une fixation sur LFI pour ne pas voir ce qui se passe dans le pays".
Édouard Philippe a jugé mercredi que le maintien de la tournée d'Emmanuel Macron dans le Golfe, malgré les manifestations et les violences du week-end dernier, n'était pas la décision "la plus opportune" et n'avait pas été "compris".
"Je ne suis pas sûr que ça ait été compris par les Françaises et les Français", a dit sur France 2 l'ancien Premier ministre, désormais candidat Horizons à l'élection présidentielle.
"Je pense que la décision du président de la République de quitter le territoire, à ce moment-là, n'était pas la plus opportune", a-t-il ajouté.
Édouard Philippe a regretté que le président se soit exprimé à la télévision dimanche soir alors que des pillages étaient encore "en cours", "qu'on annonce finalement pas grand-chose et qu'on confirme qu'on va partir du territoire".
Le maire du Havre a en revanche salué les couvre-feux et la "mobilisation de moyens supplémentaires" pour "permettre le retour à l'ordre".
Le ministre du Commerce Serge Papin a assuré mercredi que les commerçants "peuvent avoir confiance dans le rétablissement de l'ordre" pour samedi, nouvelle journée de manifestations, après les pillages et dégradations du 17 octobre en marge du mouvement.
"Je dis aux commerçants qui nous écoutent ce matin, ils peuvent avoir confiance dans le rétablissement de l'ordre pour le 24", a assuré le ministre sur BFM Business.
"Je crois l'engagement du ministre de l'Intérieur", a-t-il ajouté, soulignant que "le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur se sont engagés sur une mise à disposition de forces de police massives", citant également le couvre-feu instauré dans certaines villes, ainsi que la possibilité pour les préfets "d'interdire les rassemblements".
"Il y a eu des défis, des défauts dans le maintien de l'ordre samedi. On apprend de ça et ce ne sera pas le cas samedi", a de son côté promis le ministre de l'Économie et des Finances Roland Lescure, interrogé sur RTL.
Un représentant de la coordination des Gilets jaunes du 17 octobre a indiqué mercredi avoir formellement déposé une déclaration pour manifester samedi à Paris, depuis la place de la Bastille, une semaine après une journée contre la "vie chère" ayant tourné au chaos dans la capitale.
"Je viens d'envoyer avec quelques collègues une déclaration en préfecture pour un parcours qui part de Bastille et qui va à Opéra. La CGT Paris annonce qu'ils vont aller à Bastille, l'Union étudiante également", a affirmé sur France 2 Benjamin Ball, éditeur du site cartographiant toutes les actions prévues samedi prochain pour un "Acte II" du mouvement.
Après les scènes d'émeutes et les pillages de samedi dernier dans plusieurs villes, Sébastien Lecornu a promis que le dispositif policier serait "massif" pour les nouvelles manifestations du 24 octobre.
Depuis plusieurs semaines, les lycéens français réclament au gouvernement de Sébastien Lecornu plus de moyens pour l'Éducation nationale, plus de professeurs, des emplois du temps réaménagés et des locaux décents. Des revendications reprises ensuite par les étudiants dans plusieurs universités françaises.
Cette question des difficultés dans l'éducation est au cœur des manifestations dans les rues des grandes villes européennes. C'était par exemple le cas encore ce week-end dans les rues de Bruxelles. Les jeunes Belges ont manifesté contre l'augmentation de 40% des coûts des frais d'inscription dans les universités.
Depuis le 13 octobre, un vaste mouvement est né dans les rues de Tirana, en Albanie. Les jeunes manifestants sont dans les rues et devant les ministères pour protester eux aussi contre des droits d'inscription trop élevés, les conditions d'enseignement difficiles dans les universités, mais aussi à cause du coût de la vie qui a explosé, comme partout en Europe depuis le début du conflit en Iran, qui provoque une crise du logement. Retrouvez notre article ici.
Plus le droit à l’erreur pour le gouvernement. Après les failles du dispositif de sécurité du week-end dernier et à quelques jours d’une nouvelle mobilisation des Gilets jaunes, le dispositif policier se renforce en vue de samedi prochain. Mardi, à l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a promis un dispositif de sécurité "massif". De nombreux policiers et gendarmes seront mobilisés ce week-end.
La plupart des services de police sont en train d’être contactés par la place Beauvau. Le message est clair : les effectifs doivent être renforcés ce week-end. Les compagnies de CRS qui sont au repos vont également être mobilisées. Retrouvez notre article ici.
Quatre murs et un mobilier réduit en miettes, c'est tout ce qu'il reste du commerce de Nelly. "Ils ont pris des panneaux pour la circulation et ils ont forcé le rideau. Ils sont passés tellement fort à plusieurs qu'ils ont même cassé la vitrine", raconte-t-elle.
"Ils avaient la porte sur eux, ils s'en foutaient, ils continuaient. On aurait dit une fourmilière. Ils remplissaient des valises avec des cigarettes, des bonbons, tout ce qui était bon à prendre, ils prenaient. Il y a même des clients à nous qui se sont servis", se remémore-t-elle. 170.000 euros de marchandises envolés pour elle. Les travaux pourraient prendre deux mois. Retrouvez notre article.