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Logement, hausse des prix, vie étudiante... En France comme en Europe, les mêmes revendications au cœur des contestations

Logement, hausse des prix, vie étudiante... En France comme en Europe, les mêmes revendications au cœur des contestations (image d'illustration) [ Vlasov Sulaj / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Le week-end dernier, entre 550.000 et 800.000 personnes ont battu le pavé en France. Des manifestations qui se multiplient aussi dans plusieurs pays européens et, souvent, les mêmes revendications se font entendre dans les cortèges. Mais quelles sont-elles ? 

Le 17 octobre dernier, des manifestations étaient prévues dans les grandes villes de France. Jusqu'à 800.000 personnes ont battu le pavé avec des revendications qui allaient de l'éducation, à la vie chère en passant par la crise du logement. Des revendications sociales qui résonnent dans d'autres pays européens. 

Les étudiants face à l'incertitude 

Depuis plusieurs semaines, les lycéens français réclament au gouvernement de Sébastien Lecornu plus de moyens pour l'Éducation nationale, plus de professeurs, des emplois du temps réaménagés et des locaux décents. Des revendications reprises ensuite par les étudiants dans plusieurs universités françaises. 

Cette question des difficultés dans l'éducation est au cœur des manifestations dans les rues des grandes villes européennes. C'était par exemple le cas encore ce week-end dans les rues de Bruxelles. Les jeunes Belges ont manifesté contre l'augmentation de 40% des coûts des frais d'inscription dans les universités. 

Depuis le 13 octobre, un vaste mouvement est né dans les rues de Tirana, en Albanie. Les jeunes manifestants sont dans les rues et devant les ministères pour protester eux aussi contre des droits d'inscription trop élevés, les conditions d'enseignement difficiles dans les universités, mais aussi à cause du coût de la vie qui a explosé, comme partout en Europe depuis le début du conflit en Iran, qui provoque une crise du logement. 

La crise du logement au centre des préoccupations

Au Portugal, un mouvement de contestation est né dans les rues de Lisbonne et de Porto. Des centaines de manifestants ont installé des tentes dans les rues les plus connues de ces deux villes pour réclamer un droit au logement dans un pays où les loyers ont augmenté de 9,1% sur l'ensemble du territoire en un an, selon l'Institut national des statistiques portugais. 

Depuis plus de trois semaines, un important campement a été installé à la Puerta del Sol, à Madrid, un des lieux les plus emblématiques de la capitale espagnole. La principale revendication est là aussi le droit à l'accès à un logement à un prix abordable. L'Institut statistique espagnol a montré une augmentation de 12% des prix des logements sur un an au deuxième trimestre. Les mouvements portugais et espagnols souhaiteraient se coordonner à l'avenir. 

En Grèce, les étudiants sont descendus dans les rues avec des pancartes reprenant des slogans en français et en grec. Ils manifestent contre la vie chère ainsi que les difficultés d'accès aux logements. Les étudiants européens montrent dans les manifestations une inquiétude face leur avenir. 

Des manifestations qui souvent dégénérent 

Ces mouvements de contestations contre la vie chère et face à l'incertitude, d'abord pacifiques, ont fini par dégénérer dans plusieurs grandes villes. En marge des cortèges pacifiques italiens, des scènes de violences ont éclaté dans les rues de Milan, de Turin et de Bologne. Au total, une cinquantaine de personne ont été interpellées. 

Mêmes scènes de violence à Tirana. Depuis une semaine, des émeutes ont démarré dans les rues de la capitale de ce pays des Balkans. Plusieurs bâtiments officiels ont été la cible de tentatives d'incendies par des manifestants et des affrontements ont eu lieu avec les forces de l'ordre. Contesté par la rue qui réclame sa démission, le Premier ministre albanais, Edi Rama, refuse de quitter ses fonctions et qualifie ce mouvement de "guerre hybride". 

Au Portugal, une des porte-parole du mouvement a déclaré qu'elle avait déposé un préavis de manifestation pour la période du 21 octobre au 31 décembre. Si les contestations se passent globalement dans le calme, les forces de l'ordre sont intervenues ce mardi pour déloger les campeurs. Une opération qui a fait 55 arrestations à Lisbonne et deux blessés légers. Le président, Antonio José Seguro, a demandé aux partis de trouver "un large accord" pour adopter des mesures pour répondre à la crise du logement. 

En Espagne, la mobilisation populaire et le rejet de mesures pour lutter contre la crise du logement au Parlement ont provoqué une nouvelle crise politique. Pedro Sanchez a convoqué des élections législatives anticipées qui auront lieu le 29 novembre prochain. Comme en France, les appels au maintien des mouvements de contestations se multiplient et ne sont pas près de s'arrêter.