Gilets jaunes : ce qu'il faut retenir du premier anniversaire du mouvement

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Place d'Italie
A Paris, place d'Italie, plusieurs voitures ont été incendiées. © Philippe LOPEZ / AFP
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Un an après la première manifestation des "gilets jaunes", qui peinent à mobiliser depuis des mois, les autorités ont fait face samedi à l'afflux de 28.000 manifestants, dont 4.700 à Paris. Les rassemblements ont été marqués par de violents heurts. Plus de 250 actions sont programmées ce week-end dans toute la France.
L'ESSENTIEL

Des flambées de violence à Paris et un retour sur les ronds-points de France : le premier anniversaire des "gilets jaunes", qui ambitionnaient de donner un second souffle à leur mouvement de contestation sociale, est marqué par le retour du chaos dans certaines villes. Alors qu'ils peinent à mobiliser depuis des mois, des manifestants ont battu le rappel en amont de cette journée,  appelant sur les réseaux sociaux à plus de 250 actions dans la France, du simple tractage au défilé.

Les informations à retenir : 

  • Le mouvement des "gilets jaunes" est parvenu à mobiliser 28.000 manifestants dans toute la France
  • Quelque 8.000 contrôles préventifs ont été réalisés à Paris, 147 personnes ont été interpellées dont 129 placées en garde-à-vue
  • La préfecture de police a annulé la manifestation au départ de la place d'Italie après des violences et des dégradations

28.000 manifestants mobilisés dans toute la France

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, près de 28.000 personnes se sont mobilisées dans la France entière à l'appel du mouvement des "gilets jaunes". Dans la capitale, la préfecture de police de Paris en a compté 4.700. Près de 8.000 contrôles préventifs ont été réalisés par les forces de l'ordre samedi et, en début de soirée, 147 personnes avaient été interpellées, dont 129 placées en garde-de-vue selon le parquet de Paris.

A Paris, la place d'Italie, théâtre d'affrontements violents

La manifestation prévue au départ de la place d'Italie, dans le XIIIe arrondissement de Paris, a été annulée par la préfecture de police de Paris en raison des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre et des dégradations. Sur les lieux, de nombreuses barricades et voitures ont été incendiées, tous les abribus ont été fracassés. Des personnes vêtues de noir ont tenté de pénétrer dans le centre commercial Italie 2 et ont jeté des pavés sur un camion de pompiers qui tentaient d'éteindre les barricades. Deux policiers, poursuivis par des membres du "black bloc", ont aussi dû se réfugier dans une laverie.

Lors du rassemblement place d'Italie, un journaliste a été blessé au visage par un jet de projectile. D'après nos informations, il a été transporté à l'hôpital en urgence relative.

Le maire du XIIIe arrondissement de Paris Jérôme Coumet a exprimé sa "colère" et déploré l'autorisation par la préfecture de Paris de la manifestation place d'Italie alors que selon lui des travaux "très importants" étaient en cours.

Le préfet de police Didier Lallement a promis une réponse "ferme"

Le préfet de police Didier Lallement a affirmé que face aux violences et aux dégradations il resterait "ferme". Pour ramener l'ordre et évacuer la place d'Italie, il a notamment appelé les personnes de "bonne foi" à emprunter la sortie dégagée par les forces de l'ordre qui encerclaient les lieux. Il a indiqué que tous les manifestants qui restaient sur les lieux seraient interpellées. D'après nos informations, environ 400 "ultra-jaunes" et 100 manifestants issus l'ultra-gauche se trouvaient encore sur la place en milieu d'après-midi.

Évacués de la place d'Italie, des manifestants sont remontés vers les Halles

Quelques centaines de manifestants - entre 200 et 300 selon nos informations -, évacués de la place d'Italie dans le XIIIe arrondissement de Paris, ont ensuite progressé en direction des Champs-Elysées. Les forces de l'ordre les ont suivi en queue de cortège. Aux abords de Châtelet, des tensions ont éclaté en fin d'après-midi. Les policiers ont décidé de fermer le centre commercial des Halles et orienté les personnes qui défilaient vers les sorties du métro.

Le périphérique brièvement bloqué près de Champerret

Le périphérique a été brièvement bloqué, samedi matin, près de la porte de Champerret, dans le nord-ouest de Paris. Des membres de la brigade de répression de l'action violente ont ensuite délogé plusieurs dizaines de manifestants, comme a pu le constaté notre journaliste.

Notre équipe de journalistes a également constaté des heurts boulevard Magenta, près de la gare du Nord, avec l'utilisation de grenades lacrymogènes.

La permanence d'un député visée à Montpellier, Nantes et Lyon envahis de gaz lacrymogènes

A Nantes, un peu moins d'un millier de manifestants ont défilé l'après-midi dans le centre historique. Une fanfare a joué un "Joyeux anniversaire" lors du lancement du cortège mais l'ambiance s'est rapidement dégradée et le centre a été envahi de gaz lacrymogènes. Dans une zone très fréquentée de Lyon, un millier de "gilets jaunes" s'est aussi rassemblé, dans un climat tendu avec des tirs de lacrymogène. A Bordeaux, le nombre de personnes défilant dans les rues est monté à 1.800, un regain de mobilisation par rapport aux derniers mois.

A Montpellier, la permanence de Patrick Vignal, député La République en Marche, a été la cible des manifestants dans l'après-midi. Une vitre a été cassée et plusieurs inscriptions anarchistes ont été taguées sur le bâtiment.

À Douai, la mobilisation n'est pas au rendez-vous

Comme l'a constaté notre correspondant dans le Nord, la mobilisation a été très faible à Douai. S'ils étaient une centaine à bloquer une grande surface de la ville le 17 novembre 2018, ils n'étaient que 8 en fin de matinée. "Je suis déçu de voir la mobilisation éteinte", regrette l'un d'entre eux.

A Fréjus, on estime que "rien n'a changé"

Un an après le début de la mobilisation, Europe 1 est retourné à la sortie de l'autoroute A8, à Fréjus, où une dizaine de "gilets jaunes" continuent d'occuper un rond-point chaque samedi. Ces "irréductibles" ont expliqué à notre journaliste qu'ils espéraient plus que jamais que le gouvernement "craque". Découvrez son reportage ci-dessous.