À Lyon, au lendemain des violents pillages qui ont frappé le centre-ville, des habitants et surtout des commerçants expriment un profond sentiment d'impuissance et d'abandon. Ce dimanche matin, le maire, Grégory Doucet, est allé à leur rencontre. Une visite sous tension au cours de laquelle il a été vivement pris à partie. La correspondante d'Europe 1 était sur place.
"Vous êtes fier aujourd'hui ? Regardez les dégâts que vous avez faits ! Vous avez honte, vous devez démissionner ! C'est une honte ! Vous faites honte à la France". Venu à la rencontre des commerçants ce dimanche matin, le maire Grégory Doucet a été pris à partie par l'un d'eux qui a veillé toute la nuit sur sa boutique.
"La police nationale était débordée par les événements"
La scène est filmée par Actu Lyon. Un peu plus tard, place Bellecour devant l'office de tourisme, le maire, accompagné du préfet, est hué par l'opposition municipale, des habitants et des commerçants.
Grégory Doucet répond aux critiques : "On a abandonné personne. Les assaillants étaient à la fois très nombreux et la police nationale était débordée par les événements". De nombreux commerçants et habitants s'interrogent sur le dispositif de sécurité déployé ce samedi.
Mathieu, commerçant sur la presqu'île, a vu les boutiques voisines pillées : "Ça sert à quoi de les interpeller ? On est toujours seuls, les commerçants. On est toujours en première ligne à chaque fois qu'il y a des manifestations. Depuis le matin, c'était le chaos, on voyait que ça tournait. Ils n'ont rien fait. Ils ont bien vu que ça allait péter. Ceux qui n'ont pas été touchés, ils ont peur d'être touchés".
Des citoyens qui se sentent démunis et impuissants. Cette nuit, les forces de l'ordre resteront mobilisées. Des groupes d'individus ont tenté ce dimanche après-midi encore de nouveaux pillages en presqu'île.