Qui est Tyler Vilus, l'un des premiers français à être parti en Syrie, jugé aux Assises ?

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Le djihadiste Tyler Vilus est l'un des premiers français à être parti en Syrie, est jugé aux Assises (photo d'illustration). 1:41
Le djihadiste Tyler Vilus est l'un des premiers français à être parti en Syrie, est jugé aux Assises (photo d'illustration). © AFP
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Tyler Vilus, 30 ans, comparaît à partir de jeudi devant la Cour d'Assises spécialement constituée pour le terrorisme. Il est accusé d'avoir dirigé un groupe de combattants étrangers dans la zone irako-syrienne et d'assassinats. La justice cherche également à déterminer ses liens avec les commandos des attentats de Paris. 

C'est l'un des plus importants clients de l'antiterrorisme français. Tyler Vilus, 30 ans, est un des premiers à être parti en Syrie, dès 2012. Son ombre plane sur les attentats de Paris, le 13 Novembre 2015. Il comparaît à partir de ce jeudi devant la Cour d'Assises spécialement constituée pour le terrorisme, soupçonné d'avoir dirigé un groupe de combattants étrangers, mais aussi pour des assassinats commis en zone irako-syrienne. Ce cadre de Daech, à la trajectoire encore entourée de mystères, encourt la perpétuité.

Des vidéos d'exécution publiées sur Facebook

Lorsque Tyler Vilus se rend en Syrie en 2012, les combattants passent encore par le poste frontière officiel. "Je n'ai jamais fait que j'allais en Syrie, j'avais même des habits de camouflage", raconte-t-il à la barre. Le trentenaire originaire de Troyes est longuement revenu sur son parcours, qui épouse tous les soubresauts du djihad en Syrie. Prolixe, il détaille tout, y compris les Snickers qu'il mange après les bombardements, mais élude l'essentiel.

Il a également relaté les rencontres qu'ils l'ont amené d'un engagement salafiste en Tunisie jusqu'à l'Etat islamique. Tyler Vilus affirme qu'il n'a rien fait d'autre que de la police militaire sur place, mais les investigations ont souligné son rôle d'émir dans l'organisation terroriste, cadre d'une brigade d'étrangers, ce qu'il réfute. 

Le trentenaire ne dit rien non plus sur les vidéos d'exécution dans lesquelles il apparaît, et qu'il avait diffusé sur Facebook avec ce commentaire "Mort de rire, ce n'est qu'une petite partie de ce qu'on a fait". Ce sont ces images qui lui valent d'être accusé d'assassinats en zone irako-syrienne. Mais le plus grand mystère que la cour va forcément aborder reste ses liens avec les commandos du 13 novembre, qu'il a fréquenté en Syrie. 

Des liens avec les commandos du 13-Novembre ? 

Lorsqu'il est arrêté en juillet 2015 à l'aéroport d'Istanbul, trahi par la photo de son passeport suédois, Tyler Vilus est placé en rétention mais parvient à garder son portable, duquel il envoie plusieurs SMS, à Abdelamid Abaaoud. Le coordonnateur des attentats du 13-Novembre est alors en train d'organiser les attaques. Vilus lui écrit "Quand je sors, j'agis". Le djihadiste affirme qu'il parlait d'aller s'installer en Mauritanie mais les enquêteurs le soupçonnent d'avoir voulu commettre un attentat, sans avoir pu l'étayer au dossier.

Tyler Vilus n'est pas le seul à être parti en Syrie puisque sa mère, Christine Rivière, surnommée "Mamie Jihad" a été condamnée en 2018 à dix ans de prison pour financement du terrorisme et pour trois séjours sur le territoire de l'Etat islamique, auprès de son fils. Elle s'y promenait une ceinture d'explosifs à la taille.

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Mathilde Durand