Disparition de Maëlys : les dernières avancées de l'enquête

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :

Le principal suspect de l'enlèvement de la fillette, mis en examen début septembre, reste muet face aux enquêteurs. Un mois après, ces derniers continuent d'explorer chaque piste.

Le 26 août dernier, Maëlys, neuf ans, était aperçue pour la dernière fois lors d'une fête de mariage à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Une disparition "sans précédent dans notre histoire criminelle contemporaine" selon l'avocat de ses parents, Fabien Rajon. "Voilà une affaire d'enlèvement de fillette dont un homme, rapidement visé par des éléments troublants, détiendrait actuellement les clés", affirmait le conseil dans un entretien à 20 Minutes, ce week-end. "Et, pendant ce temps, les parents de Maëlys attendent de savoir ce qu'il est advenu de leur fille…" Un mois jour pour jour après la disparition de l'enfant, Europe1.fr fait le point sur les dernières avancées de l'enquête.

  • De nouveaux éléments à charge

Le principal suspect, un ancien militaire, est déjà désigné par un faisceau d'indices, au premier rang desquels la trace ADN de Maëlys retrouvée sur le tableau de bord de sa voiture. Trois semaines après son interpellation, l'homme continue pourtant d'avancer des explications pour chacun des indices collectés par les enquêteurs, affirmant par exemple avoir jeté le short qu'il portait le soir du mariage car il était tâché, ou s'être griffé en faisant du jardinage.

Depuis, d'anciennes petites amies du suspect ont décrit un homme "agressif" et "ingérable" qui aurait harcelé plusieurs d'entre elles. Vendredi, Franceinfo ajoutait que l'homme avait tenté de semer des gendarmes en civil qui l'avaient pris en filature, avant d'être placé en garde à vue. Pour cacher son implication dans la disparition de Maëlys, ou ses activités de vendeur de stupéfiants, également connues des enquêteurs ? L'ex-militaire devra à nouveau s'en expliquer devant les magistrats instructeurs.

Le parquet de Grenoble a en revanche "catégoriquement" démenti des informations de presse selon lesquelles le véhicule de l'homme aurait  été "flashé par un radar automatique" le soir du mariage.

  • Des moyens toujours mobilisés

L'impressionnant dispositif de recherches déployé par les gendarmes dans les jours et les semaines suivant la disparition de Maëlys a été revu à la baisse, la fouille des plans d'eau entourant la salle du mariage et le domicile du suspect étant notamment restée vaine. "On est en train d'épuiser les endroits où l'on pouvait avoir des résultats", affirmait une source proche de l'enquête mi-septembre, alors que six patrouilles en voiture, dix gendarmes sur le terrain et douze membres de la cellule d'enquête restaient mobilisés.

Selon les informations de BFMTV, ces enquêteurs ont notamment décidé d'analyser les eaux usées de la station de lavage où le suspect avait méticuleusement nettoyé sa voiture au lendemain du mariage, arguant vouloir la vendre. Les gendarmes y cherchent des traces ADN, dans les eaux ou les graisses automobiles.

  • Des scellés détruits dans un incendie

Un acte malveillant pourrait-il par ailleurs ralentir la progression de l'enquête ? La semaine dernière, un violent incendie, revendiqué par la mouvance d'extrême gauche, a ravagé dans des locaux techniques de la caserne de gendarmerie de Grenoble, détruisant du matériel d'investigation, de nombreuses pièces à conviction et plusieurs dizaines de véhicules. Après avoir indiqué qu'aucun scellé de l'affaire Maëlys n'avait été touché par le feu, le procureur de la République a finalement indiqué qu'un "tout petit nombre" de ces éléments, "tout à fait secondaires", avaient brûlé. Mais la voiture du principal suspect ne figurait pas parmi les véhicules touchés, a-t-il tenu à préciser.