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Discriminations raciales dans l'immobilier : «C'est le travail de toute une vie», des propriétaires indiquent prendre en compte uniquement le revenu des candidats

D'après un testing de SOS Racisme, une agence immobilière sur deux ferme les yeux sur la discrimination raciale dans l'accès au logement (image d'illustration).
D'après un testing de SOS Racisme, une agence immobilière sur deux ferme les yeux sur la discrimination raciale dans l'accès au logement (image d'illustration). [AFP]

D'après un testing de SOS Racisme, une agence immobilière sur deux ferme les yeux sur la discrimination raciale dans l'accès au logement.

Près d'une agence immobilière sur deux accepte ou facilite une discrimination raciale dans l'accès au logement, selon un testing dévoilé dimanche par SOS Racisme, dont les résultats montrent que "le chemin est encore long" pour la ministre Aurore Bergé, qui a annoncé une formation obligatoire pour les agents.

Mais qu'en pensent les premiers concernés ? À Toulouse, certains propriétaires prennent la parole au micro d'Europe 1 et indiquent prendre en compte uniquement le revenu et la situation professionnelle du candidat.

"10 000 euros de perte séche"

À seulement 30 ans, Pierre a déjà acquis trois maisons et quatre appartements. Mais sa vie de propriétaire n'est pas un long fleuve tranquille, il sort tout juste d'une procédure très éprouvante. "La personne a tout simplement décidé d'arrêter de payer, donc j'ai mis huit mois à récupérer une partie des loyers impayés. Parce qu'elle avait des problèmes financiers, elle a été jugée comme non-solvable, explique-il. C'est à peu près 10.000 euros de perte sèche", confie-t-il à Europe 1.

Cette mésaventure l'a totalement vaccinée : "C'est le travail de toute une vie et donc ça me tient à cœur effectivement de choisir qui je mets à l'intérieur et pas n'importe qui".

"Ils ont pensé que c'était une excuse"

Cette exigence, certains candidats à la location la confondent avec de la discrimination : "J'ai eu le cas de personnes qui m'ont traité de raciste. C'était un couple d'Africains et malheureusement, leur statut financier n'était pas à la hauteur. Ils ont pensé que c'était une excuse. C'est ridicule. C'est la facilité de penser que c'est à cause de leur couleur de peau, de leur religion ou autre, alors que pas du tout. Et je pense que ces associations accentuent ce sentiment", déclare Pierre.

Des associations qui oublient de dire que, bien au-delà des questions communautaires, les propriétaires veulent avant tout des garanties et ne doivent pas s'excuser d'un certain déterminisme social sur le sujet.