Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Décès d'une femme aux urgences : l'AP-HP relaxée malgré une «faute de négligence» reconnue

[Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé lundi l’AP‑HP, jugée pour homicide involontaire après la mort de Micheline Myrtil en 2018 aux urgences de Lariboisière. La justice reconnaît néanmoins une faute de négligence, pointant un manque chronique de moyens au sein du service.

Le tribunal correctionnel de Paris a décidé lundi de relaxer l’Assistance publique‑Hôpitaux de Paris (AP‑HP), poursuivie pour homicide involontaire après le décès de Micheline Myrtil aux urgences de l’hôpital Lariboisière en décembre 2018. Les juges reconnaissent toutefois une “faute de négligence” imputable à l’institution, notamment en raison de moyens jugés insuffisants. 

Selon la juridiction, il n’existe pas de “lien de causalité certain” entre les défaillances du service et la mort de la patiente. Le tribunal dresse pourtant un constat sévère : locaux inadaptés, manque chronique de personnel, dysfonctionnements connus de longue date par la direction. Le chef des urgences avait même “alerté directement” Martin Hirsch, alors directeur général, en octobre 2018, sans qu’une réponse à la hauteur de l’urgence ne soit mise en œuvre avant le drame.

Décédée d'une "infection invasive à méningocoque" 

Micheline Myrtil, 55 ans, admise pour des maux de tête et des douleurs aux mollets, avait été placée dans une salle d’attente “aveugle”, où les brancards étaient organisés en “trois rangées”, compliquant considérablement la surveillance des patients. Appelée sous une mauvaise identité, enregistrée en “fugue” à 01h18, elle est décédée quelques heures plus tard d’une “infection invasive à méningocoque”, sans prise en charge adaptée.

Pour les juges, il n’est cependant “pas certain” que des soins rapides auraient permis d’éviter le décès. Ils rappellent que cette infection présente une mortalité de “10 à 20 %” même en cas de traitement immédiat, et que la patiente disposait de “75 %” de chances de survie à son arrivée, tombant à “50 %” en cas de choc septique. Une “perte de chance” qui ne suffit pas juridiquement à caractériser l’homicide involontaire. 

Les parties civiles ont été déboutées. Sollicitée à la sortie de l’audience, la représentante de l’AP‑HP n’a pas souhaité commenter la décision. Avant le verdict, l’avocat de l’institution, Me Mario Stasi, avait précisé que “l’AP‑HP ne souhaite pas communiquer par respect pour la famille”.