Cyberharcèlement : dans les coulisses d'une plateforme d'écoute

, modifié à
  • A
  • A
Le nombre d'appels pour cyberharcèlement à doublé en un an. (Image d'illustration) 1:23
Le nombre d'appels pour cyberharcèlement à doublé en un an. (Image d'illustration) © Pixabay
Partagez sur :
Depuis la mort d'Alisha, l'adolescente retrouvée morte dans la Seine lundi dernier, la plateforme d'écoute Net-écoute, tenue par l'association e-enfance, a enregistré une hausse des appels pour cyberharcèlement. Europe 1 s'est rendue sur place pour suivre le traitement d'un dossier et voir comment agit la structure.
REPORTAGE

Des appels qui se font de plus en plus nombreux. L'enquête sur la mort d'Alisha, dont le corps a été retrouvé dans la Seine lundi dernier, se poursuit. D'après les premiers éléments de l'enquête, la jeune fille aurait été victime de cyberharcèlement. Une photo d'elle en sous-vêtements a notamment été diffusée sur l'application Snapchat. C'est justement contre ces pratiques malveillantes que lutte l'association e-enfance.

Depuis 13 ans, elle tient une ligne téléphonique, Net-écoute, pour aider les jeunes ciblés par des messages haineux ou qui voient une photo d'eux à caractère sexuel circuler sans leur consentement. Et depuis la mort de l'adolescente, la plateforme est débordée. Des appels qui s'ajoutent aux 130.000 déjà pris en charge cette année, le double de l'an passé. 

20% des appels conduisent à une fermeture de comptes

Guillaume travaille pour la plateforme Net-écoute. Il est au téléphone avec une jeune fille démunie : son ex-petit copain a diffusé une vidéo d'elle dénudée sur Snapchat. Comme il le fait une dizaine de fois par jour, l'opérateur lui explique donc le protocole à suivre. "Signalez ce compte, bloquez-le bien, imprimez les captures d'écran de manière à pouvoir porter plainte et remplissez le formulaire que l'on vous a fourni pour que l'on puisse faire fermer les comptes."

Cette année, 20% des appels passés à Net-écoute ont conduit à la fermeture de comptes. Et cela se fait parfois quelques minutes seulement après un signalement. "Il y a beaucoup de messages qui sont envoyés tous les jours aux réseaux sociaux [pour signaler un problème de ce type], mais ils n'ont pas forcément le temps et la réactivité de les traiter", explique au micro d'Europe 1 Samuel Comblez, directeur des opérations de l'association. 

Jusqu'à deux ans de prison et 60.000 euros d'amende

L'association constitue ensuite un dossier "avec des preuves". "On facilite le travail du réseau social, et en retour il accélère la prise en charge de la victime", résume Samuel Comblez. Et le système fonctionne : chaque semaine des anciennes victimes appellent pour remercier les écoutants. Quant aux harceleurs, ils sont parfois condamnés à la peine maximale encourue, deux ans d'emprisonnement et 60.000 euros d'amende. 

Si vous êtes victime de cyberharcèlement, vous pouvez appeler le numéro de Net-écoute : 0800.200.000. Les appels sont anonymes et gratuits.

Europe 1
Par Zoé Pallier, édité par Ugo Pascolo