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Crainte de nouveaux pillages : les commerçants marseillais n'hésitent plus à s'armer pour se protéger

"On va faire un attroupement et personne n'entrera", a confié un commerçant à Europe 1. [Thibaud MORITZ / AFP]

Après la grave défaillance du maintien de l'ordre le week-end du 17 octobre, reconnue par le ministre de l'Intérieur, beaucoup de commerçants pillés ne cachent plus leur colère de s'être sentis livrés à eux-mêmes. Un discours monte ces derniers jours parmi les commerçants marseillais : puisqu'ils ne font pas confiance aux autorités pour assurer leur sécurité, ils vont s'en charger eux-mêmes.

Pas question d'être les suivants. Le week-end dernier, 650 magasins ont été pillés, voire dégradés à Marseille. Ceux qui n'ont pas été pillés samedi dernier craignent d'être les prochains sur la liste, à l'image de ce buraliste. 

"Je mets mon camion devant, frein à main. Je reste avec tous les collègues armés devant avec des bâtons, des armes de défense, des fusils à pompe avec des balles en caoutchouc que j'ai achetés en société, que l'on a le droit d'avoir. On va faire un attroupement et personne n'entrera. On est obligé", explique-t-il.

"Je pense qu'on va passer la nuit dedans"

Beaucoup de commerçants battent le rappel dans leur entourage pour monter des équipes : "Je n'ose pas trop le dire, mais on sera là. S'ils arrivent, il faudra qu'ils nous passent dessus. Avec moi, ils n'entreront pas. Il faudra me tuer. S'il n'y a personne pour nous défendre, on va faire de l'autodéfense finalement."

D'autres, comme Nelly, déjà pillée le week-end du 17 octobre, tenteront de sauver le peu qui leur reste : "Je pense qu'on va passer la nuit dedans avec beaucoup de personnes et on va attendre. C'est la seule chose qu'on peut faire. Quand vous appelez la police, il n'y a personne. On va se débrouiller tout seuls."

Les associations de commerçants craignent un drame et appellent, au contraire, à ne surtout pas chercher à se faire justice soi-même.