Le député La France insoumise des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu comparaît depuis mercredi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir diffusé sur Instagram des documents privés volés à un chef d’entreprise, ancien président local du Crif, lors d’un conflit social en septembre 2024. Il encourt jusqu’à cinq ans de prison et 750.000 euros d’amende.
Le procès du député LFI de Marseille Sébastien Delogu, poursuivi pour avoir publié des documents privés volés lors d'un conflit social à un chef d'entreprise à qui il reproche ses liens avec Israël, s'est ouvert mercredi à Marseille.
L'ancien candidat à la mairie de Marseille aux municipales de mars (11,9% au premier tour), n'a fait aucune déclaration en arrivant au tribunal correctionnel, devant lequel il encourt cinq ans de prison et 750.000 euros d'amende, ainsi qu'une peine complémentaire d'inéligibilité.
Poursuivi pour recel de biens provenant d'un vol
Député depuis 2022, il est poursuivi pour recel de biens provenant d'un vol et divulgation d'informations personnelles permettant d'identifier ou localiser une personne et exposant à un risque direct d'atteinte à la personne.
Un conflit social dans une entreprise de nettoyage marseillaise, Laser Propreté, chargée de la gare Saint-Charles, est à l'origine de l'affaire.
Le 19 septembre 2024, plusieurs représentants du personnel envahissent ainsi le bureau de son dirigeant, Isidore Aragones, nommé une semaine plus tôt pour tenter d'apaiser le conflit, alors que les poubelles s'amoncellent dans la gare en raison d'une grève des salariés.
Ce dernier, 79 ans, partie civile, est ancien président local du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), mais aussi ex-bâtonnier de Marseille. Il constate après coup qu'un dossier lui a été dérobé, comprenant de nombreux mails imprimés.
Sébastien Delogu, qui n'était pas présent dans les bureaux de Isidore Aragones le 19 septembre, diffuse certains de ces documents sur son compte Instagram le 24 septembre.
Une mise en danger
Le député des quartiers Nord de Marseille, fervent défenseur de la cause palestinienne, divulgue notamment le projet de Isidore Aragones de se rendre en Israël pour témoigner de sa "reconnaissance" à Tsahal. "Je soutiens moralement et financièrement" l'armée israélienne, reconnaît volontiers Isidore Aragones, tout en "comprenant la cause palestinienne".
L'ancien dirigeant du Crif estime que ces publications l'ont "mis en danger" et ont fait de lui "une cible, surtout quand on connait les followers de Sébastien Delogu". "Je vis dans la peur", affirme-t-il encore, se disant par exemple victime d'appels téléphoniques malveillants.
Le député LFI a déjà été condamné en 2025 pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres de l'Education nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023. En août, il a été placé en garde à vue après une altercation avec des policiers à Marseille, et doit être jugé pour "outrage" le 13 novembre.