Coronavirus : quel est l'impact écologique des masques jetables ?

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Il n'existe pas encore de filière de recyclage des masques jetables, pourtant susceptibles d'être confondus, comme tout objet plastique, avec des proies d'animaux sauvages. Sans compter que ces masques "sont vecteurs du virus", souligne sur Europe 1 la porte-parole de l'ONG de protection de la mer Surfrider Foundation. 

Il fait l'objet de beaucoup de convoitises, et parfois même de ruptures de stocks, mais on s'interroge peu sur ses conséquences écologiques : quel impact le masque jetable destiné à freiner les épidémies, dont celle de coronavirus, a-t-il sur la planète ? La question est d'autant plus prégnante qu'il n'existe pour l'instant pas de filière de recyclage dédiée pour cet objet. Les autorités recommandent de les jeter dans des sacs en plastique fermés, dans la poubelle normale. 

Un danger pour les espèces marines

Alors que leur utilisation explose et que l'on commence à voir des masques souillés jetés par terre, sur le trottoir ou dans la nature, l'ONG de protection de la mer Surfrider Foundation tire la sonnette d'alarme, appelant au plus vite à mettre en place un système de récupération. "L'impact d'un masque, comme de tout produit plastique, va être triple pour la biodiversité", assure la porte-parole de l'organisation, Antidia Citores. 

"S'il est jeté par terre, il va se retrouver, soit emporté par le vent, soit par le biais du cycle de l'eau, dans les caniveaux", explique-t-elle. "Et les espèces marines vont le confondre avec leurs proies, comme elles le font pour des sacs plastiques ou pour des gants, pas mal utilisés aussi pendant cette période."

"Des éponges à produits chimiques"

Mais cet impact sur les animaux n'est pas le seul danger relevé par l'ONG. "Le deuxième effet, c'est que ces matières plastique ont tendance à être des éponges à produits chimiques, à perturbateurs endocriniens, et vont avoir de manière latente cette capacité à diffuser des produits néfastes pour l'environnement dans le milieu marin", explique la porte-parole. Et d'ajouter : "Ils sont aussi des vecteurs de transport du virus !"

Le plastique est même l'une des matières sur lesquelles le Covid-19 survivrait le plus longtemps. Selon la Surfrider Foundation, mieux vaut donc, dans la mesure du possible, utiliser des masques en tissu. 

Europe 1
Par Virginie Salmen