Consignes des bouteilles en plastique : le gouvernement pousse, les industriels résistent

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En France, seulement six bouteilles en plastique sur dix sont recyclées.
En France, seulement six bouteilles en plastique sur dix sont recyclées. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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L'exécutif veut instaurer une consigne sur certains emballages, dont les bouteilles en plastique. Des entreprises de recyclage ne l'entendent pas de cette oreille et proposent un système alternatif.

C'est la dernière mesure du gouvernement en matière de lutte contre la pollution : dans son discours de politique générale, le 12 juin, Édouard Philippe a affirmé que l'instauration d'une consigne sur certains emballages ferait l'objet d'une concertation, notamment avec les collectivités. Mais la volonté du gouvernement est aujourd'hui contrariée par celle de certains industriels de porter un autre système de tri, excluant la consigne.

Pour rappel, le système de consigne consiste à associer un emballage à une caution que le consommateur paye à l'achat du produit et récupère sous forme monétaire ou de bon d'achat lorsqu'il le restitue.

Une perte d'au moins 200 millions d'euros de pouvoir d'achat ?

Les entreprises du recyclage, regroupées dans la Fédération professionnelle des entreprises de recyclage (Federec), qui compte 1.300 établissements adhérents, veulent en finir avec les poubelles de différentes couleurs pour le type de déchets qu'elles contiennent. Dans leur idée, elles devraient être remplacées par une poubelle sèche et une poubelle humide, notamment pour les déchets alimentaires et animaliers, afin de simplifier la collecte et le tri.

L'agglomération de Châteauroux, dans l'Indre, a déjà adopté ce système. "La seule chose que l'on demande à nos administrés, c'est de séparer les choses. Ensuite, on a des trieurs optiques, qui ont la capacité, si les choses ne sont pas imbriquées, de capter, avec des taux qui sont à 90%", explique à franceinfo Éric Chalmain, élu local chargé des déchets.

Et pour défendre sa position, Federec met en avant l'aspect financier : la consigne est "une mesure qui va coûter, suivant le dimensionnement, entre 200 et 300 millions d'euros de pouvoir d'achat aux Français et entre 200 et 300 millions de recettes en moins pour les collectivités", a affirmé lundi devant la presse Jean-Luc Petithuguenin, vice-président de Federec.

Poirson mise sur un comité de pilotage

Cette proposition est une réponse directe à la promesse de Brune Poirson d'un "big bang" en faveur de la consigne en France. La secrétaire d'État à la Transition écologique et solidaire vient d'installer un comité de pilotage visant à améliorer la collecte des emballages usagés.

Il cherchera à définir quels produits pourront être concernés par la consigne, dans quel but (recyclage ou réemploi) et comment gérer les fonds recueillis. Les produits ménagers ayant des taux de collecte bas pourraient être concernés. C'est le cas par exemple des canettes en métal, des bouteilles et des boîtes en plastique à usage unique.

Quel calendrier pour la réforme du tri ?

La mission lancée par Brune Poirson sera menée en parallèle de la présentation, prévue début juillet et de l'examen du projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. L'objectif est qu'une expérimentation puisse être lancée "lorsque la loi sera adoptée". "Le projet de loi va être débattu au Parlement en septembre et il faut que d'ici septembre nous ayons des pistes très concrètes sur des façons de faire".