Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Concurrence ferroviaire : Velvet obtient sa licence d'exploitation de trains à grande vitesse en France

[Philippe LOPEZ / AFP]

Velvet, le futur concurrent français de la SNCF sur plusieurs tronçons à grande vitesse a obtenu le sésame obligatoire pour exercer une activité de transport ferroviaire en France : une licence d'exploitation qui garantit que l'entreprise présente les conditions juridiques et financières requises. Les trains devraient entrer en circulation à partir de 2028.

L'entreprise ferroviaire privée Velvet, qui ambitionne de concurrencer la SNCF sur quatre destinations à grande vitesse de l'ouest (Paris-Bordeaux, Paris-Nantes Paris-Angers et Paris-Rennes) à partir de 2028, a obtenu sa licence d'exploitation sur le réseau français, a annoncé Velvet mardi matin. La licence, délivrée par le ministère des Transports, est l'une des deux autorisations clés obligatoires pour pouvoir exercer une activité de transport ferroviaire en France.

Elle garantit que l'entreprise - privée et indépendante - remplit les conditions juridiques et financières pour lancer des services de trains de voyageurs en exploitation commerciale. Pour faire rouler un train, elle doit obligatoirement être accompagnée d'un Certificat de Sécurité Unique (CSU) attestant que l'entreprise maîtrise aussi les risques et son système de gestion de la sécurité.

"Entrer réellement dans la préparation de ses futures circulations"

"Ce premier sésame réglementaire permet à la compagnie d'entrer réellement dans la préparation de ses futures circulations, notamment en commandant des 'sillons'", les droits de passage à heure précise, auprès de SNCF Réseau le gestionnaire des infrastructures, a indiqué Velvet dans un communiqué.

"La licence est une étape importante : elle nous autorise à aller plus loin dans la préparation de nos trains, de nos équipes et de nos procédures", a commenté la présidente de Velvet, Rachel Picard, citée dans le communiqué.

Cette ancienne cadre dirigeante de la SNCF a levé avec son associé un milliard d'euros auprès du fonds d'investissement français Antin Infrastructure Parners, dont 850 millions d'euros ont servi à l'acquisition de 12 trains Avelia Horizons de dernière génération commandés au constructeur Alstom, les mêmes que ceux que la SNCF doit mettre en service en cette rentrée.

Une concurrence implantée mais limitée

Jusqu'à présent, malgré l'ouverture formelle du marché ferroviaire européen à la concurrence, la SNCF continue d'exploiter l'essentiel du réseau à grande vitesse français. Depuis fin 2021, elle a néanmoins vu arriver face à elle l'entreprise italienne Trenitalia appartenant au groupe public Ferrovie dello Stato Italiane (FS) qui dessert Paris-Lyon, Paris-Marseille et Paris-Milan, et prévoit de lancer des services transmanche Paris-Londres d'ici 2030, ainsi que le britannique Virgin.

L'espagnol Renfe a aussi tenté une incursion en France, mais a plutôt tendance à se replier, ne conservant qu'un train quotidien entre Marseille et l'Espagne pour l'instant, après avoir renoncé à son projet de relier Barcelone à Toulouse. D'autres projets sont annoncés, portés par la société Le Train, basée à Bordeaux, ou par Kevin Speed qui veut lancer un train à grande vitesse omnibus, sorte de "RER à 300 km/h" s'arrêtant dans chaque ville, et ambitionnant de desservir Lille, Strasbourg et Lyon ainsi que les gares intermédiaires.