Comment le gouvernement prévoit de lutter contre les violences ciblant les personnes LGBT

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Elisabeth Moreno, présente "un plan national d'actions pour l'égalité des droits contre la haine et les discriminations anti-LGBT+" 1:23
Elisabeth Moreno, présente "un plan national d'actions pour l'égalité des droits contre la haine et les discriminations anti-LGBT+" © RAUL ARBOLEDA / AFP
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Le gouvernement dévoile ce mercredi un plan destiné à faciliter le quotidien des personnes LGBT+. Un large volet concerne l'école avec notamment des formations à destination des enseignants. D'autres mesures concernent l'adoption et une adaptation plus inclusive des documents administratifs.

La ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la diversité, Elisabeth Moreno, présente ce mercredi "un plan national d'actions pour l'égalité des droits contre la haine et les discriminations anti-LGBT+" pour la période 2020-2023. Fort de 180 mesures, il est destiné à améliorer la vie quotidienne et l'accès aux droits des personnes LGBT+. L'un de ses objectifs majeurs est de lutter contre les violences homophobes qui ont bondi de 36% en un an, avec une attention particulière portée à l'école.

L'homosexualité concernerait un enfant sur trente, c’est-à-dire environ un par classe en moyenne estiment les associations. Le harcèlement serait à l'origine de nombreux échecs scolaires. Surtout, il entraînerait un risque quatre fois plus élevé de suicide pour les homosexuels et de sept fois plus pour les transsexuels. La ministre a donc décidé de donner des outils aux enseignants pour lutter contre l'homophobie sous la forme d'un site internet, comme il en existe déjà pour le racisme ou l'antisémitisme. Ce site pourrait conseiller des activités à faire en classe ou des idées pour travailler sur l'homophobie inscrite, à partir du CP.

Professeurs peu précautionneux

La transphobie, quant à elle, est inscrite au programme à partir du collège. La situation à l'école de ces jeunes qui naissent fille ou garçon mais se sentent du genre opposé est délicate. Elou, née garçon, explique par exemple qu'elle a dû faire face à des professeurs peu précautionneux et cachant mal leur étonnement quand elle répondait "présente" à l'appel : "Toute la classe m’a regardé, j’ai dû esquiver les regards", raconte-t-elle au micro d'Europe 1. La ministre prévoit d’adresser un guide aux enseignants pour mieux accueillir les personnes trans à l'école. Cela impliquerait notamment de les appeler par le prénom de leur choix, mais aussi le pronom de leur choix, "il ou elle".

Parmi les autres mesures proposées figurent la facilitation de l'adoption par les couples homosexuels, légale depuis 2013, ou encore l'adaptation des formulaires administratifs pour inclure les familles homoparentales.

Europe 1
Par Eve Roger , édité par Antoine Cuny-Le Callet