Cheminots de père en fils : "On a envie de faire du train, du service public ferroviaire"

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© ERIC CABANIS / AFP
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Le métier de cheminot s'est longtemps transmis de père en fils. Mais avec la réforme des retraites et la fin des régimes spéciaux, cela pourrait changer. Michel et son fils Guillaume sont tous les deux conducteurs de trains. Devant les évolutions annoncées du métier, ils soutiennent la grève de jeudi contre la réforme des retraites.
TÉMOIGNAGE

La passion du train de Guillaume, c'est son père Marcel, cheminot, qui lui a transmis. Guillaume est entré à la SNCF en 2002. Lui et sont père ont conduit les mêmes trains, en Normandie. A l'occasion de la grève de jeudi contre la réforme des retraites, Europe 1 est allée à la rencontre de ces cheminots de père en fils.

Michel a pu partir en retraite à 50 ans, après 30 ans de travail en horaires décalés. Retraité depuis 11 ans, il est inquiet de l'effet des réformes successives sur la motivation de son fils. "Je suis content qu’il fasse comme moi, mais malheureusement je vois mal l’évolution du métier. Je ne suis même pas sûr qu’il finisse cheminot", explique-t-il à Europe 1.

"On aimerait bien qu’on nous foute la paix"

Si Guillaume voulait imiter son père, il lui faudrait sacrifier une partie de sa retraite : "je pourrais partir à 52 ans et demi avec les nouvelles réformes, mais j’aurais une très, très grosse décote par rapport à mon père. Les retraites, c’était le dernier avantage". Aussi, il espère une reconversion, au sein de la SNCF, ou dans un autre secteur.

La grève de ce jeudi 5 décembre, Guillaume la soutient, mais avec lassitude. Il en a marre de se mettre en grève. "On a fait 12 jours de grève en 2014, en 2016, en 2018, avec notre grève perlée, et là on recommence". Entre temps, son contrat a bien changé : fin du statut, restructuration en cascade, conduite seule, sans contrôleur dans le train, etc. Ce n'est pas ce qu'il cherchait en entrant à la SNCF. "On a envie de faire du train, du service public ferroviaire et là, maintenant, je pense qu’on aimerait bien qu’on nous foute la paix", conclut-il, amer. 

Europe 1
Par Aurélien Fleurot édité par Guilhem Dedoyard