Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«C'est une hérésie» : la colère des cavistes face à l'interdiction de la vente d'alcool liée à la canicule

Une décision qui provoque l'incompréhension des professionnels. [© Gauthier Bedrignans / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

L'interdiction de vendre de l'alcool à emporter après 18 heures à Paris, décidée en raison de la canicule, suscite la colère des cavistes. Ils dénoncent une mesure jugée inefficace et redoutent un impact sur leur chiffre d'affaires, particulièrement en fin de semaine.

À Paris, les mesures prises pour faire face à la canicule ne passent pas auprès des cavistes. En plus de l'interdiction de consommer de l'alcool sur la voie publique, la préfecture de police interdit également la vente d'alcool à emporter à partir de 18 heures. Une décision qui provoque l'incompréhension des professionnels.

"C'est une hérésie"

Installé dans le 15e arrondissement depuis 20 ans, Michel ne cache pas sa colère. Selon lui, cette mesure cible les mauvais consommateurs.

"C'est une hérésie, c'est pensé avec les pieds. Cet arrêté a été conçu pour empêcher les gens qui consomment de la bière, des canettes, etc. Les gens qui prennent du vin ne vont pas s'amuser à le consommer dans la rue. En plus de ça, on fait des cadeaux, donc on n'est pas censé savoir si c'est pour un cadeau ou si c'est pour une consommation immédiate", explique-t-il.

Une mesure jugée sans lien avec la canicule

Le caviste estime que cette restriction ne répond pas aux enjeux posés par les fortes chaleurs : "Ça ne concerne pas, en fin de compte, le réchauffement climatique. Ils n'ont qu'à s'occuper de mettre de la climatisation dans les hôpitaux, dans les crèches et dans les écoles, au lieu de nous prendre la tête avec des conneries comme ça."

Michel redoute surtout les conséquences économiques de cet arrêté. Les ventes du vendredi soir et du week-end représentent une part importante de son chiffre d'affaires. "Ce n'est pas le préfet qui va payer mon loyer, c'est un non-sens. C'est toujours les petits commerces qui sont matraqués. Nous, on travaille six jours sur sept. Ils n'ont qu'à nous payer nos frais de fonctionnement et les fournisseurs", conclut-il.

Le commerçant prévoit de maintenir sa boutique ouverte, mais précise qu'il respectera l'arrêté en ne proposant à la vente que des boissons sans alcool après 18 heures.