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«C’est à eux de faire l’effort» : les automobilistes agacés par les mesures de sobriété évoquées par le gouvernement

Europe 1 s’est rendue dans une station-service de Grézieu-la-Varenne, à l’ouest de Lyon, pour savoir si les Français étaient prêts ou non à jouer le jeu de la sobriété. [Hans Lucas/AFP]

Plus de 1.300 stations-service sont en rupture en France, poussant le gouvernement à envisager des mesures de sobriété. Sur le terrain, entre adaptation et ras-le-bol, les automobilistes oscillent entre efforts déjà engagés et refus d’en faire davantage.

1.300 stations-service sont en pénurie sur le territoire français, soit plus de 10 % des stations du pays. Dans ce contexte, le gouvernement commence à évoquer l’idée qu’il faudra peut-être bientôt économiser le carburant.

Pas plus de précisions à ce stade. Mais ce mercredi matin, Maud Bregeon, ministre de l’Énergie et porte-parole du gouvernement, a expliqué que si l’approvisionnement devenait problématique, nous devons être prêts à prendre un certain nombre de mesures permettant d’économiser l’énergie, et plus spécifiquement le carburant. Ce qui rappelle, un peu, la "chasse au gaspi" des années 70-80 après les deux premiers chocs pétroliers.

Pour l’occasion, Europe 1 s’est rendue dans une station-service de Grézieu-la-Varenne, à l’ouest de Lyon, pour savoir si les Français étaient prêts ou non à jouer le jeu de la sobriété.

"Il y a des solutions"

Beaucoup d’automobilistes semblent désormais conscients qu’il faudra peut-être bientôt modifier nos comportements vis-à-vis de notre consommation de carburant, à l’image de Sébastien. "Si on peut, on covoiture au niveau du travail. Ça, c’est faisable. Et puis, s’il faut, avec ma femme, on a deux voitures, on n’utilise plus qu’une. On s’organise, il y a des transports en commun aussi. Donc, il y a des solutions", constate-t-il. En revanche, il admet attendre un seuil "critique" pour mettre en place ces solutions.

Karine, elle, a déjà changé sa façon de faire. "J’essaie de me déplacer moins qu’avant et d’optimiser mes déplacements. Si j’ai plusieurs choses à faire au même endroit, je vais essayer de faire ça au même moment. Si j’ai des courses à faire, je vais tout faire en même temps pour ne me déplacer qu’une fois", explique l’automobiliste.

"C’est toujours pour les mêmes"

Mais d’autres ne veulent pas entendre parler de nouveaux efforts. "C’est toujours pour les mêmes", estime Emmanuelle, aide-soignante très critique vis-à-vis du gouvernement. "Faire des économies, on en fait déjà, des économies, on ne fait que ça. Moi, je fais attention, je travaille à l’hôpital, je fais attention à tous mes trajets pour aller bosser. Je ne fais pas de trajet à côté. Je ne fais même pas un plein pour aller bosser. Je bosse presque tous les jours, mais c’est honteux", dénonce-t-elle.

Cette dernière s’indigne de voir les politiciens prendre "l’avion" quand ils vont faire leurs déplacements. "Ils n’en ont rien à faire. Ils ne prennent que l’avion, ils ne se posent pas la question. Et nous, on est comme des cons à regarder ce qu’on dépense en carburant pour pouvoir finir notre mois", s’insurge Emmanuelle.

"Il n’y a pas d’économie qui tienne"

Même avis pour Ahmed, artisan dans le bâtiment. "Économie, économie… Moi, je suis à mon compte et je ne peux pas me permettre de faire des économies sur le carburant, parce qu’il faut que j’aille voir mes clients. Il n’y a pas d’économie qui tienne. C’est à eux de faire l’effort, ce n’est pas à nous", juge-t-il.

Que l’État montre l’exemple d’abord : la phrase est revenue assez souvent dans la bouche des automobilistes.