Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement se retrouve sous la pression des automobiles, de l'opposition et des syndicats qui appellent à baisser les taxes pour réduire la facture. Problème, les finances dégradées de la France ne lui accordent aucune marge.
Les records tombent les uns après les autres. Depuis le début de la guerre en Iran, le prix des carburants donne le tournis. Il faut désormais compter près de 2,20 euros pour un litre de gasoil, et presque 2 euros pour le sans-plomb.
Seule bonne nouvelle : Total a annoncé prolonger d'une semaine le plafonnement à 2 euros des carburants vendus dans ses stations. Mais la colère gronde, notamment dans l'opposition et chez les syndicats, qui appellent tous à faire un geste pour baisser les prix, notamment en baissant la TVA.
Des finances trop dépendantes
Seulement voilà, les caisses de l'État sont vides et le gouvernement doit se contenter d'aides ciblées pour ne pas faire dérailler les comptes. Car, le simple fait de diminuer la TVA sur le carburant de 20 à 5,5% aurait un coût de plus de 17 milliards d’euros selon Bercy.
Autre levier tout aussi onéreux : baisser l’accise sur les carburants, qu’on appelait autrefois TICPE. En 2024, cette taxe avait rapporté plus de 30 milliards d’euros à l’Etat et aux collectivités locales.
Deux sources de recettes importantes donc dans un contexte où le déficit public dépasse les 5%. Alors si le gouvernement décide de diminuer ces taxes, il faudra aussi diminuer ses dépenses pour compenser, selon Sylvain Bersinger, économiste fondateur du cabinet Bersingerco. "Si on décide de baisser les taxes, il faut qu’on augmente soit d’autres impôts soit qu’on baisse d’autres dépenses", confie-t-il au micro d'Europe 1.
Un État contraint par ses finances... Et par Bruxelles
"Si vous voulez rester à budget constant, c’est juste un jeu de mistigri où vous allez donner un peu plus aux automobilistes et reprendre à d’autres usages, ça peut être sur la santé, l’éducation, les retraites…Mais ça va forcément faire des mécontents et pénaliser le pouvoir d’achat d’une autre partie de la population ou la profitabilité d’autres entreprises", poursuit-il.
D'autant que le gouvernement français est contraint par ses finances, mais aussi par l’Union européenne. Bruxelles impose des planchers pour l’accise sur les carburants et une taxe minimum de 15%.